Główna Guide pratique du comportement du chat

Guide pratique du comportement du chat

, , ,
0 / 0
Jak bardzo podobała Ci się ta książka?
Jaka jest jakość pobranego pliku?
Pobierz książkę, aby ocenić jej jakość
Jaka jest jakość pobranych plików?
Rok:
2011
Wydawnictwo:
Eyrolles
Język:
french
ISBN 10:
2212548397
ISBN 13:
9782212548396
Plik:
EPUB, 1.03 MB
Ściągnij (epub, 1.03 MB)
Conversion to is in progress
Conversion to is failed

Najbardziej popularne frazy

 
0 comments
 

Aby opublikować recenzję, zaloguj się lub zarejestruj się
Możesz zostawić recenzję książki i podzielić się swoimi doświadczeniami. Inni czytelnicy będą zainteresowani Twoją opinią na temat przeczytanych książek. Niezależnie od tego, czy książka ci się podoba, czy nie, jeśli powiesz im szczerze i szczegółowo, ludzie będą mogli znaleźć dla siebie nowe książki, które ich zainteresują.
1

Gut durch die Krebstherapie

Rok:
2011
Język:
german
Plik:
EPUB, 314 KB
0 / 0
2

Guardian Of The Vision

Rok:
2013
Język:
english
Plik:
PDF, 2.13 MB
0 / 0
Comprendre votre chat





Guide pratique

du comportement

du chat




Dr Edith Beaumont-Graff et Dr Nicolas Massal

Vétérinaires comportementalistes



Illustrations Dr Frédérique Vincent de Madjouguinsky

Vétérinaire





Deuxième édition





Groupe Eyrolles

61, bd Saint-Germain

75240 Paris Cedex 05


www.editions-eyrolles.com




Le code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit en effet expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation des ayants droit. Or, cette pratique s’est généralisée notamment dans l’enseignement, provoquant une baisse brutale des achats de livres, au point que la possibilité même pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faire éditer correctement est aujourd’hui menacée.

En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’Éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de copie, 20, rue des Grands Augustins, 75006 Paris.


© Groupe Eyrolles, 2007, 2011

ISBN : 978-2-212-54839-6





SOMMAIRE


Prologue

Remerciements

Qui sommes-nous ?

Où trouver les réponses à vos questions ?

Chapitre 1 – Tout se joue dès les premiers pas

Prenons du recul

Les premiers jours

Des apprentissages précoces

Des comportements maternel et paternel très différents

L’importance de la socialisation

Quelques outils

Le lieu de vie

Chat ou chaton ?

Chat de race ou chat croisé ?

Mâle ou femelle ?

Comment évaluer le tempérament d’un chat à l’adoption ?

Le cas du chaton orphelin

Idées reçues

Chapitre 2 – À la découverte du monde !

Prenons du recul

Séparation et découvertes

Ne pas confondre socialisation et sociabilité

Des jeux à éviter

Quelques outils

Chaton en apprentissage

De la difficulté de punir…

Prévenir un comportement indésirable

Résister aux exigences

Idées reçues

Chapitre 3 – Une longue journée en appartement

Prenons du recul

Organisation du territoire

L’agression de prédation, un jeu ?

Quel; ques outils

Un univers structuré

Des stimulations nécessaires

Lutter contre les attaques de prédation

Quand rien ne va plus…

Idées reçues

Chapitre 4 – Un seul être vous manque…

Prenons du recul

Des attachements particuliers

Des chats qui communiquent

Quelques outils

Éviter l’hyperattachement

Pour une vie harmonieuse en compagnie des enfants

Comment éviter de se faire griffer ?

Et ron, et ron, petit patapon

Idées reçues

Chapitre 5 – Décider de la stérilisation : raison contre passion ?

Prenons du recul

Le comportement sexuel du mâle

Le comportement sexuel de la femelle

La saillie

La gestation et la mise bas

Quelques outils

La stérilisation en pratique

Les changements liés à la stérilisation

Et en cas de refus de la stérilisation ?

En conclusion

Idées reçues

Chapitre 6 – Grignotages et rituels

Prenons du recul

Le chat demande… des caresses !

Mise en place du rituel alimentaire

Goûts et dégoûts

Pourquoi mon chat mange-t-il tout le temps ?

La faim du chasseur

Quelques outils

Quand et où donner à manger ?

Que donner à manger ?

L’angoisse du prochain repas

Initier son chat à des goûts nouveaux

Que lui donner à boire ?

Idées reçues

Chapitre 7 – La spirale infernale de la malpropreté

Prenons du recul

Un enchaînement malheureux

Distinguer élimination et marquage

Des causes variées pour la malpropreté

Et si du marquage apparaît ?

La malpropreté fécale

Quelques outils

Contre la malpropreté, une stratégie est nécessaire

Rendre la litière attractive

Rendre aversifs les lieux d’élimination indésirables

Apaiser l’anxiété du chat

Idées reçues

Chapitre 8 – Chat des rues

Prenons du recul

Une faculté d’adaptation remarquable

Les colonies de chats

La vie sociale des chats des rues

Bienfaits et désagréments des chats des rues

Quelques outils

Faut-il nourrir les chats des rues ?

Contraception et stérilisation

Devenir un protecteur responsable

Comment chasser un envahisseur ?

Peut-on adopter un chat des rues ?

Idées reçues

Chapitre 9 – Un nouvel ami chez les Grandcœur

Prenons du recul

Une rencontre sous la contrainte

Circulez…

Laissez-les faire !

L’importance des rituels

Quelques outils

Introduire un nouveau chat dans une maison

En cas de bagarres

Comment savoir que l’entente est installée ?

Votre chat a-t-il besoin d’un compagnon ?

Idées reçues

Chapitre 10 – À la chasse ! Vocation et distraction

Prenons du recul

Profession : chasseur

Simoun ramène un « cadeau »

Le jardin, un domaine de vie extensible

Pourquoi un chat est-il agressif ?

Quelques outils

Chat d’intérieur, chat d’extérieur

Ingestion d’herbe et « jardinage »

Peut-on agir sur le comportement de prédation ?

Attention dangers

Idées reçues

Chapitre 11 – Une cohabitation mouvementée

Prenons du recul

Une agression initiale

La situation évolue

Pourquoi se battent-ils ?

Quelques outils

Face au premier conflit

Une solution : améliorer le bien-être des chats

Et si la situation s’aggrave…

Idées reçues

Chapitre 12 – Le déménagement, une épreuve difficile !

Prenons du recul

Les préparatifs du départ

À l’arrivée dans la nouvelle maison

Une observation longue et patiente

La reprise des habitudes

Quelques outils

Pour un déménagement le moins perturbant possible

Comment savoir qu’il va mal ?

Et s’il repart dans son ancienne maison ?

Changements sans déménagement

Idées reçues

Chapitre 13 – S’entendre comme chien et chat

Prenons du recul

Le réflexe de poursuite

L’union fait la force

Des communications décalées

Des différences fondamentales

Quelques outils

Une socialisation nécessaire entre chien et chat

Organisation pratique de la maison

Idées reçues

Chapitre 14 – Ô vieillesse ennemie

Prenons du recul

Le vieillissement du chat

Faut-il soigner les troubles du vieillissement ?

La visite chez le vétérinaire

L’anxiété, perturbation durable des émotions

Quelques outils

Une douleur aux manifestations discrètes

Épreuve n° 1 : mettre le chat dans un panier de transport

Épreuve n° 2 : lui donner des médicaments

Vieillissement normal et vieillissement pathologique

Décider de l’euthanasie

Idées reçues

Chapitre 15 – Sieste, sagesse et méditation…

Prenons du recul

Le chat se repose

Le chat se toilette

Un rapport au temps très séduisant

Quelques outils

Préserver son sommeil

Une adaptation à la vie nocturne

Le choix des lieux de repos

L’importance du toilettage

Idées reçues

Chapitre 16 – Vous avez la parole !

À propos des autocontrôles

Le chat agressif

Apprivoiser un chat

Est-il utile de punir le chat pour lui apprendre les interdits ?

Déplacements, déménagements, aménagements

Prise de poids

Mon chat est-il normal ? A-t-il besoin d’aide ?

Encadré de synthèse

Représentations

Conclusion





PROLOGUE


Si les chats pouvaient parler, ils ne le feraient pas.

Nan Porter

Mon nom est Simoun. Baptisé par mes parrains1, je suis né de l’imagination de mes deux créateurs2. Un chat possède plusieurs vies, dit-on, les miennes ont été bien remplies et j’ai eu envie de vous les faire connaître. Comme les chats sont discrets et taciturnes, plutôt que de me raconter moi-même, j’ai préféré exposer aux auteurs les événements les plus marquants de mon existence. Je leur ai laissé le soin de les décrire, de les analyser, de les déchiffrer et de vous proposer ainsi des clés d’accès au comportement félin.

Ma vie est-elle exemplaire ? Sans doute pas, elle présente tout de même assez de variété pour qu’en toute modestie, je considère avoir été digne de mes ancêtres ! J’ai été fidèle et aimable avec tous ceux que j’ai côtoyés et j’ai toujours su m’adapter quand la chance m’a tourné momentanément le dos. Je souhaite partager ici toutes ces expériences.

Le chat est solitaire… Le chat est indépendant… Le chat est hypocrite… J’aimerais aussi balayer toutes ces croyances. Si les chats partagent la vie des hommes depuis si longtemps, c’est bien que chacun y trouve son compte, tant du point de vue matériel qu’affectif. Ma vie est faite d’émotions fortes et de moments privilégiés, ces relations sont essentielles pour mon équilibre.

Les humains trouveront dans cet ouvrage des explications sur les comportements quotidiens des chats (ceux qu’ils apprécient et ceux dont ils se passeraient bien). Grâce aux observations fournies ici, ils mesureront à quel point l’environnement de leur animal est un élément fondamental de son existence, et ils verront qu’il est possible de l’organiser de façon à rendre sa vie plus confortable. Tout en respectant l’autonomie et l’intégrité de leur chat, ils apprendront aussi à agir parfois eux-mêmes différemment. Enfin, ils réaliseront combien le malaise de leur animal peut être discret dans ses manifestations et trouveront des pistes pour y remédier. De nombreuses suggestions leur permettront de renforcer encore la complicité avec leur chat, pour le bien-être de tous.

Rassurez-vous, je garde soigneusement ma part de mystère, vous pourrez continuer à vous émerveiller, à rire et à vous attendrir. Votre regard sera juste un peu différent…

Dans cette deuxième édition, mes créateurs ont voulu vous donner la parole. Un dernier chapitre regroupe ainsi les questions fréquentes que vous pouvez vous poser à propos de situations précises.

Même si pour vous la tentation est grande de commencer par ce chapitre, je vous engage à ne pas y céder afin de ne pas vous priver du plaisir de découvrir ma vie mouvementée et un nouveau regard sur le chat.


________________

1. Stéphanie et Sébastien.

2. Edith Beaumont-Graff et Nicolas Massal.





REMERCIEMENTS


Comme pour notre ouvrage précédent1, nous avons puisé nos connaissances dans nos échanges quotidiens avec nos clients. Nous remercions toutes les personnes qui nous font confiance et qui nous racontent des épisodes de leur vie avec leur chat, en partageant avec nous leurs émotions et leurs réflexions. Nous sommes riches de toutes ces expériences ! Compléments indispensables aux connaissances scientifiques parfois arides, elles nous ont permis de mieux comprendre les chats.

Les amoureux des chats sont tous des observateurs attentifs, capables de décrire avec un luxe de détails les habitudes de leur(s) compagnon(s). Nous écoutons toujours leurs récits avec un grand plaisir. Nous nous sommes permis d’utiliser ces histoires pour illustrer nos propos.

Nous sommes nous-mêmes les premiers spectateurs des chats qui ont partagé et partagent nos vies. Nous suspectons même cette caractéristique d’être héréditaire, nos enfants succombant eux aussi aux charmes félins…

En nous limitant à ceux qui nous ont directement assistés dans cette écriture, nous nous devons de remercier Tilou, Nala, Crispie, Calyope, Capi, Ganja et Leeloo… Vous les rencontrerez parfois au fil des pages sous le pseudonyme de Simoun.

Enfin, nous nous sommes nourris de nombreuses questions et remarques de nos conjoints, amis et confrères, et nous voudrions citer plus particulièrement :

• Evelyne Massal ;

• Gérard Beaumont ;

• Dominique Lachapèle-Brard ;

• Joëlle Hofmans ;

• Frédérique Vincent de Madjouguinsky.

Leurs encouragements et leurs remarques amicales, constructives et pertinentes nous ont aidés à finaliser cet ouvrage. Nous les en remercions ici chaleureusement (et pour certains, toujours aussi tendrement).

Nous remercions aussi chaleureusement la marraine de Simoun, Stéphanie Ricordel, pour sa confiance renouvelée.

Enfin, nous sommes reconnaissants à Fanny Morquin, son talent littéraire a rendu nos idées plus claires.


________________

1. Guide pratique du comportement du chien, chez le même éditeur.





QUI SOMMES-NOUS ?


Nous sommes vétérinaires comportementalistes. Nous sommes avant tout des praticiens dont le métier est de soigner les animaux, et nous nous sommes spécialisés dans les troubles du comportement.

L’accueil réservé à notre précédent ouvrage, le Guide pratique du comportement du chien, nous a donné envie de relever ce défi difficile qui consiste à vous faire découvrir le monde du chat.

Le premier Guide pratique du comportement du chat a enthousiasmé ses lecteurs et a suscité beaucoup de nouvelles questions.

Cette deuxième édition est l’occasion pour nous de vous offrir encore davantage d’informations. Nous sommes toujours avides d’en connaître les prolongements dans vos expériences, ne manquez pas de nous en faire part !

Nous sommes convaincus qu’une meilleure connaissance des comportements et des besoins de son animal renforce encore un peu plus le lien qui existe avec lui et contribue au bien-être de tous.





OÙ TROUVER LES RÉPONSES

À VOS QUESTIONS ?


Nous vous proposons ci-dessous un petit guide vous permettant de trouver facilement dans l’ouvrage la réponse à une question que vous vous posez.

Vivre avec votre chat au quotidien



Comment une chatte éduque-t-elle ses petits ?

Chap. 1 : Des apprentissages précoces (p. 7)



À quel âge adopter un chat ?

Chap. 1 : Quelques outils (p. 13)



Quels aliments donner à son chat ?

Chap. 6 : Que donner à manger ? (p. 125)



Comment l’inciter à utiliser sa litière ?



Chap. 2 : Chaton en apprentissage/Être propre (p. 34)

Chap. 7 : Rendre la litière attractive (p. 153)



Peut-on laisser un chat tout seul ?

Chap. 3 : Des stimulations nécessaires (p. 61)



Peut-on faire vivre un chat en appartement ?





Chap. 1 : Le lieu de vie (p. 13)

Chap. 3 : Un univers structuré (p. 59)

Chap. 16 : Déplacements, déménagements, aménagements (p. 345)



Pourquoi mon chat se frotte-t-il contre les meubles ?

Chap. 3 : Organisation du territoire (p. 54)

Chap. 4 : La communication tactile (p. 76)



Pourquoi « attaque »-t-il mes jambes ?





Chap. 3 : L’agression de prédation, un jeu ? (p. 58)

Chap. 6 : La faim du chasseur (p. 123)

Chap. 10 : Pourquoi un chat est-il agressif ? (p. 211)



Pourquoi rapporte-t-il des proies ?

Chap. 10 : Simoun ramène un « cadeau » (p. 209)



Pourquoi réclame-t-il sans cesse à manger ?

Chap. 6 : Pourquoi mon chat mange-t-il tout le temps ? (p. 121)



Pourquoi mange-t-il de l’herbe ?

Chap. 10 : Ingestion d’herbe et « jardinage » (p. 218)



Pourquoi tète-t-il ?

Chap. 4 : Tétée, succion et pétrissage (p. 84)



Pourquoi ronronne-t-il ?

Chap. 4 : Le ronronnement, un mécanisme bien étrange (p. 86)



Pourquoi est-il devenu subitement agressif envers moi ?





Chap. 3 : L’agression de prédation, un jeu ? (p. 58)

Chap. 10 : Pourquoi un chat est-il agressif ? (p. 211)

Chap. 14 : Une douleur aux manifestations discrètes (p. 301)

Chap. 16 : Le chat agressif (p. 336)



Faut-il prendre des précautions avec les enfants ?



Chap. 4 : Pour une vie harmonieuse en compagnie des enfants (p. 80)





Comment faire pour adopter un chat de plus dans la famille ?

Chap. 9 : Introduire un nouveau chat dans une maison (p. 192)





Que faire si mes chats se battent ?





Chap. 9 : En cas de bagarres (p. 194)

Chap. 11 : Face au premier conflit (p. 238)

Chap. 16 : Mon chat est-il normal ? (p. 354)



Le chat et le chien peuvent-ils se partager la maison ?

Chap. 13 : Organisation pratique de la maison (p. 285)





La stérilisation change-t-elle le caractère ?

Chap. 5 : Les changements liés à la stérilisation (p. 105)



À quel âge stériliser les chats ?

Chap. 5 : À quel âge stériliser les chats ? (p. 103)



Comment organiser un déménagement ?





Chap. 12 : Pour un déménagement le moins perturbant possible (p. 259)

Chap. 16 : Déplacements, déménagements, aménagements (p. 345)





Faut-il laisser sortir son chat ?

Chap. 10 : Faut-il laisser sortir son chat ? (p. 215)



Pourquoi les chats des rues se battent-ils ?



Chap. 5 : Une vie de voyou : errances et bagarres (p. 96)

Chap. 8 : Les combats (p. 168)



Peut-on lutter contre le vieillissement ?

Chap. 14 : Faut-il soigner les troubles du vieillissement ? (p. 296)



Quand consulter un vétérinaire ?



Chap. 14 : Vieillissement normal et vieillissement pathologique (p. 308)





Pourquoi mon chat est-il devenu malpropre ?



Chap. 7 : Des causes variées pour la malpropreté (p. 147)

Chap. 16 : Mon chat est-il normal ? (p. 354)



Comment savoir s’il souffre ?





Chap. 12 : Comment savoir qu’il va mal ? (p. 263)

Chap. 14 : Une douleur aux manifestations discrètes (p. 301)

Chap. 16 : Mon chat est-il normal ? (p. 354)



Comment savoir quand l’euthanasier ?

Chap. 14 : Décider de l’euthanasie (p. 309)



Comment savoir si le comportement de mon chat est normal ?

Chap. 16 : Mon chat est-il normal ? (p. 354)





Comment faire pour…



choisir un chaton



Chap. 1 : Comment évaluer le tempérament du chat à l’adoption ? (p. 17)





distinguer un chaton mâle d’un chaton femelle

Chap. 1 : Mâle ou femelle ? (p. 16)



élever un chaton orphelin

Chap. 1 : Le cas du chaton orphelin (p. 19)



rendre son chat sociable

Chap. 1 : L’importance de la socialisation (p. 11)



lui apprendre (ou lui réapprendre) la propreté



Chap. 2 : Être propre (p. 35)

Chap. 7 : Contre la malpropreté, une stratégie est nécessaire (p. 151)



lui apprendre à se contrôler



Chap. 2 : Se maîtriser (p. 39)

Chap. 16 : À propos des autocontrôles (p. 333)



le faire revenir quand on l’appelle

Chap. 2 : Revenir quand on l’appelle (p. 37)



lui faire accepter un nouveau griffoir

Chap. 3 : Un univers structuré (p. 59)



le punir

Chap. 2 : De la difficulté de punir (p. 41)



préparer l’arrivée d’un bébé

Chap. 4 : Et si bébé arrive (p. 81)



chasser un chat étranger de son jardin

Chap. 8 : Comment chasser un envahisseur ? (p. 176)



savoir si mon chat est anxieux





Chap. 14 : L’anxiété, perturbation durable des émotions (p. 299)

Chap. 16 : Déplacements, déménagements, aménagements (p. 345) et Représentations (p. 359)



le mettre dans un panier de transport





Chap. 14 : Épreuve n° 1 : mettre le chat dans un panier de transport (p. 303)

Chap. 16 : Le chat agressif (p. 336)





lui donner des médicaments

Chap. 14 : Épreuve n° 2 : lui donner des médicaments (p. 305)



qu’il ne s’ennuie pas en appartement

Chap. 3 : Des stimulations nécessaires (p. 61)



lui apprendre l’usage de la chatière

Chap. 10 : L’utilisation d’une chatière (p. 217)



m’occuper des chats de mon quartier

Chap. 8 : Devenir un protecteur responsable (p. 174)



approcher un chat inconnu

Chap. 16 : Apprivoiser un chat (p. 341)



apprivoiser un chat peureux

Chap. 16 : Apprivoiser un chat (p. 341)



faire maigrir mon chat

Chap. 16 : Prise de poids (p. 350)



Comment éviter que mon chat…



fasse des bêtises



Chap. 2 : Prévenir un comportement indésirable (p. 45)

Chap. 16 : À propos des autocontrôles (p. 333)



soit trop brutal dans ses jeux



Chap. 2 : Se maîtriser (p. 39)

Chap. 16 : À propos des autocontrôles (p. 333)



me griffe quand je le caresse





Chap. 1 : L’importance de la socialisation (p. 11)

Chap. 2 : Ne pas confondre socialisation et sociabilité (p. 31)

Chap. 4 : Comment éviter de se faire griffer ? (p. 82)

Chap. 16 : Le chat agressif (p. 336)



fasse pipi partout



Chap. 7 : Rendre aversifs les lieux d’élimination indésirables (p. 155)





me réveille la nuit

Chap. 5 : Des poses évocatrices (p. 98)



se batte avec mon autre chat



Chap. 9 : En cas de bagarres (p. 194)

Chap. 11 : Face au premier conflit (p. 238)



se bagarre avec des chats des rues

Chap. 5 : Des risques réduits (p. 105)



aille sur la route

Chap. 10 : Les voitures (p. 224)



retourne dans notre ancien domicile après un déménagement

Chap. 12 : Et s’il repart dans son ancienne maison ? (p. 264)





me morde



Chap. 16 : À propos des autocontrôles (p. 333) et Le chat agressif (p. 336)





aille chez les voisins

Chap. 16 : Déplacements, déménagements, aménagements… (p. 345)





CHAPITRE 1





TOUT SE JOUE

DÈS LES PREMIERS PAS


Notre héros ouvre les yeux très exactement douze jours après sa naissance, un peu avant ses sœurs. Il porte un regard tout neuf – et encore un peu flou – sur le monde qui l’environne. Dans une sorte de prière silencieuse pour que les choses restent en l’état, il les referme vite et se met à téter vigoureusement, repoussant de son museau avec énergie les autres petites boules chaudes et poilues qui l’empêchent d’accéder à ses mamelles préférées. Il pétrit, ronronne, suce et finit par s’endormir…





Le point de vue de Minette




Minette, mère chatte accomplie, observe un instant ses petits et décide qu’ils sont suffisamment à l’abri pour pouvoir les quitter un moment, afin d’aller se nourrir un peu. Elle s’étire longuement et, après un brin de toilette, file vers sa gamelle.

Pressée de revenir auprès de sa progéniture, elle ne prend pas le temps de déguster ses croquettes et mange avec avidité. Soudain, elle entend des miaulements reconnaissables entre tous, des cris aigus de détresse qui font battre son cœur à toute allure ! Elle se précipite, inquiète, et reconnaît son maître avec soulagement. Que se passe-t-il ? Il est accompagné de jeunes enfants bruyants, qui soulèvent les chatons les uns après les autres. Vont-ils les emporter ? Les lui voler ? Leur faire du mal ? Ses petits piaillent et crient, peu habitués à être manipulés ainsi. Minette est beaucoup plus douce, plus chaude… et plus délicate. Elle au moins sait soulever un chaton correctement ! Elle pousse un « Mrraou » de réconfort destiné à rassurer sa progéniture.

Minette est partagée. Elle connaît bien son maître et lui a d’ailleurs apporté ses chatons un à un près de son lit, certaine qu’il assurerait auprès d’eux une garde vigilante. La chambre à coucher est un lieu calme d’ordinaire, et la dernière semaine a été paisible et tranquille. Doit-elle désormais trouver une autre cachette ?

Son maître la caresse et lui parle gentiment, avec ce ton de voix qui lui plaît tant : Minette se calme et se couche dans son nid douillet. Elle enveloppe de sa chaleur le chaton qui vient d’y être redéposé, et le toilette à grands coups de langue rapides et vigoureux. Les autres chatons la rejoignent bientôt, déposés avec douceur par son maître. Ils subissent le même nettoyage empressé. Tout va bien, mais que ces humains s’en aillent maintenant !





Le point de vue du chaton




Ronronronronronronronronronronronronronronronronronronron…

Miaouuuuu ! Miaouuuuu ! Miaouuuuu ! Miaouuuuu ! Miaouuuuu !

Ronronronronronronronronronronronronronronronronronronron…





Le point de vue de la famille




Guillaume et Sophie sont tout excités à l’idée de voir les nouveaux « bébés » de leur oncle. Ce dernier leur a annoncé la naissance des chatons par téléphone, et leur a expliqué qu’ils pourraient venir les voir la semaine suivante. Dans une semaine seulement ! « Autant dire dans deux ans… », ont pensé les enfants. Leur impatience est à la hauteur de leur curiosité et de leur désir d’avoir un nouveau chat. Leurs parents sont bien sûr d’accord pour accueillir un animal dans la famille, c’est l’occasion rêvée !

À peine arrivés dans la petite ferme de leur oncle, les enfants se précipitent :

« On veut voir les bébés !

— D’accord, répond Tonton, mais il ne faut pas trop déranger Minette.

— On pourra les toucher ? demande Guillaume.

— Oui, bien sûr, mais pas trop longtemps.

— C’est moi qui choisirai le nôtre, clame Sophie.

— Non ! C’est moi ! » proteste son frère.

Tonton explique alors que le choix est déjà fait :

« Votre maman veut absolument un mâle, et il n’y en a qu’un dans la portée.

— Zut ! J’aurais préféré une fille, regrette Sophie.

— Mais non, tu verras : un mâle, c’est plus rigolo et plus joueur », répond Tonton, tentant de la consoler.

Lorsque les enfants pénètrent dans la chambre, les petits chats sont amoncelés les uns sur les autres en une grosse boule de poils enchevêtrés.

« Ils marchent déjà ? demande Guillaume.

— Mais non, gros bêta, ils sont bien trop petits ! lui répond son oncle.

— Lequel est le garçon ?

— Attends, nous allons vérifier. Je crois bien que c’est le tigré, là, avec les poils un peu plus longs.

— Oh oui ! Il est trop mignon ! Donne-le-moi ! » supplie Sophie.

Elle prend délicatement le chaton dans ses bras, Guillaume se tient en retrait, un peu déçu de ne pas voir un « vrai » chat. Il n’ose pas trop toucher ce petit corps déjà bien remuant.

« Laisse-le, il crie, tu lui fais mal ! dit-il à sa sœur.

— Allez, les enfants, il est temps de laisser Minette tranquille, s’interpose leur oncle. Regardez, elle est revenue et a l’air inquiète. Nous allons lui laisser ses petits et vous reviendrez quand ils auront grandi. Dans une ou deux semaines, ils commenceront à gambader et vous pourrez les manipuler autant que vous le voudrez.

— Quand pourra-t-on ramener le nôtre à la maison ?

— Pas avant qu’il ne soit capable de manger tout seul. Disons dans plus d’un mois.

— Oh ! Tout ça !

— Eh bien, oui, et encore, ce n’est pas beaucoup ! Tu aimerais être séparé de ta maman, toi ? Si le chaton se retrouve sans sa mère ni ses sœurs, personne ne sera capable de faire son éducation correctement.

— Si, rétorque Sophie, je suis sûre que je saurais le faire…

— Peut-être, dit l’oncle, mais je t’assure que rien ne vaut une maman chatte pour un chaton ! »





La suite des événements


Si Minette pouvait comprendre ce qu’elle a entendu, nul doute qu’elle approuverait les propos de son maître. C’est vrai que le travail de mère chatte n’est pas de tout repos ! Ces deux dernières semaines, elle a veillé sans cesse sur ses petits, prenant à peine le temps de se nourrir. Elle a procédé avec soin à leur toilette avant et après chaque tétée et elle a exercé une surveillance constante auprès d’eux afin que personne ne s’approche (sinon… gare !).

Maintenant, elle doit encore superviser leurs premiers jeux, intervenir si l’un ou l’autre se blesse, leur montrer comment chasser des souris, leur apprendre la propreté…

Sa mission est bien loin d’être terminée !





PRENONS DU RECUL





Les premiers jours


Incapable de la moindre autonomie, le chaton dépend totalement de sa mère pour toutes ses fonctions vitales : alimentation, élimination, maintien de sa température corporelle…


L’éveil des sens

L’éveil des sens du chaton commence avant même sa naissance. In utero, il est capable de goûter le liquide amniotique dans lequel il baigne, et ses sens tactiles se développent déjà. Il n’a pas encore de fourrure qu’il perçoit déjà le contact de mains sur le ventre de sa mère.

Le chaton naît sourd et aveugle. Les premiers jours, il n’est capable que de ramper vers la chaleur et l’odeur des mamelles maternelles, sources de réconfort et d’alimentation. Il crie dès qu’il en est éloigné. Aux alentours de douze à quinze jours, il commence à voir, mais sa vision est encore floue. Elle ne sera précise que vers la fin du premier mois de vie. Enfin, il n’entend correctement qu’à partir de trois semaines.

À la naissance, ce n’est donc qu’une petite boule chaude maintenue bien propre par les multiples toilettages dont il est l’objet.

Néanmoins, le chaton apprécie et mémorise les contacts de qualité. Ainsi, la main humaine et les éléments qui lui sont associés (voix, mouvements, odeurs) deviennent peu à peu familiers, agréables et apaisants.


Un attachement fort et réciproque

L’environnement du chaton est constitué exclusivement de ses frères et sœurs et de sa mère, avec laquelle il noue très rapidement un attachement fort. Dès qu’il est en mesure de la suivre, c’est vers elle qu’il se réfugie au moindre danger. Grâce à cette présence rassurante, il va pouvoir progressivement affronter le monde qui l’entoure.

Le lien d’attachement entre la mère et sa portée est réciproque, il n’est cependant pas « synchronisé ». On considère généralement qu’il apparaît chez la mère dans les vingt-quatre heures qui suivent la mise bas. Il est déterminé par un mélange d’hormones (l’ocytocine notamment, qui provoque également l’éjection du lait) et de stimulations sensorielles (léchage des petits). Une fois installé, cet attachement conduit la mère à assumer la mission que nous considérons comme naturelle : veiller sur sa portée, la réchauffer, la nourrir, la protéger…

Les chatons quant à eux ne possèdent pas de lien personnalisé dans un premier temps : ils se dirigent seulement vers la chaleur et le lait… Rapidement, ils ne sont toutefois véritablement tranquillisés qu’en présence de leur mère (un tel apaisement ne peut être obtenu si on leur procure uniquement de la chaleur et une alimentation lactée). C’est cette capacité de la mère à moduler les émotions de sa progéniture qui prouve l’existence d’un attachement filial réel.

Au bout d’une semaine, les chatons sont donc attachés à leur mère. Toutefois, si elle venait à disparaître, ils pourraient encore développer un lien fort avec une nourrice de remplacement. Lorsque les chatons ont passé l’âge de trois semaines, et une fois leurs sens plus efficaces, leur mère devient réellement irremplaçable.





Le saviez-vous ?


Il arrive que des chatons naissent prématurés et ne présentent pas les caractéristiques voulues pour pouvoir être identifiés correctement (comme des chatons viables) par leur mère (ils ne répondent pas normalement à ses sollicitations). Dans ce cas, elle les tue et les ingère, de la même façon qu’elle ingurgite les enveloppes fœtales. Il s’agit d’un comportement purement instinctif, nécessaire, mis au point par l’évolution : la mère « élimine » les individus susceptibles de contaminer les autres, de constituer un danger pour la portée. Ce procédé horrifie généralement les maîtres : qu’ils se rassurent et se consolent en se disant que leur chatte est bien consciencieuse !


Les chattes qui ont déjà eu des portées développent beaucoup plus rapidement un attachement fort avec leurs chatons, comme si le fait d’avoir déjà activé ces mécanismes facilitait leur réapparition. Les soins maternels font l’objet d’un apprentissage, et les mères expérimentées gagnent en habileté et en compétence.





Des apprentissages précoces



Les autocontrôles

À l’âge de trois semaines, le chaton est capable de marcher : les premiers jeux et explorations commencent vraiment. Curieux de tout, il s’habitue vite à son nouvel environnement si sa mère n’est pas craintive. Il calque son attitude sur elle : si elle sursaute, il fait de même ; si elle détale, il s’empresse de la suivre.

Tout ce qui bouge l’intéresse : sa vision est encore un peu floue, mais il est déjà capable de détecter le moindre mouvement. Une queue s’anime, et hop : voici le chaton qui s’en empare, tente de la mordiller, la laboure de ses quatre pattes. S’il s’agit de la queue de sa sœur, la réponse ne se fait pas attendre : après un cri plaintif, la petite sœur s’enfuit ! Il la poursuit alors, et le jeu commence. Si la séance « dérape » et qu’un des participants pousse des cris aigus, la mère chatte est là pour mettre un terme à la situation : elle lance des petites gifles bien senties au chaton qui fait pleurer l’autre. Elle peut aussi tout simplement le renverser et le maintenir dans cette position confortable le temps qu’il se calme.

La première leçon est apprise : jouer, c’est amusant, mais il faut y aller doucement ! En quelques jours, le chaton apprend à ajuster ses gestes, à modérer ses ardeurs. Il découvre le sens de la juste mesure, nécessaire pour vivre en compagnie de ses semblables. Cet apprentissage lui servira non seulement dans sa vie sociale, mais également dans ses gestes quotidiens. Toutes ses activités exigent un parfait contrôle et une grande précision des mouvements : sauter avec agilité sur une table remplie de bibelots, passer entre deux obstacles, attraper une souris, intercepter un objet mobile…


L’élimination

Un chaton apprend très vite à éliminer dans un endroit précis. Sa mère débarrasse soigneusement le « nid » initial de tous les excréments, en les léchant dès qu’ils sont expulsés. À peine le chaton est-il capable de marcher qu’il recherche un endroit un peu éloigné de son lieu de repos habituel pour y déposer urine et selles.

L’imitation joue un grand rôle dans cet apprentissage. D’ordinaire, le chaton suit sa mère, se positionne à l’endroit qu’elle a choisi pour éliminer et utilise le même support (terre, graviers, litière…). En l’absence de sa mère, toute surface horizontale un peu souple lui convient parfaitement. À l’extérieur, il choisira une zone de terre meuble ; à l’intérieur, un tapis ou un coussin fera l’affaire. Les gestes de recouvrement sont maladroits et peu efficaces au départ. Ils deviendront progressivement de plus en plus performants, car le chaton y met une application extrême, souvent amusante à observer.

Si l’on adopte un chaton très jeune, il est important de lui montrer très rapidement le « bon endroit » pour éliminer et de faire en sorte que cette place soit plus attractive que d’autres. Lorsque le chaton a utilisé sa litière deux ou trois fois et si elle lui a convenu, elle deviendra pour lui un lieu d’élimination privilégié. Nous vous donnerons au chapitre 7 quelques conseils pour placer une litière à un endroit adéquat et la rendre attrayante.





Des comportements maternel

et paternel très différents



Une mère sur le qui-vive

Minette est une mère vigilante, qui veille sur ses chatons sans relâche. S’ils s’éloignent, elle les ramène au nid. Elle réagit à n’importe quel cri émis dans la fréquence utilisée habituellement par les chatons, y compris s’il ne provient pas de sa progéniture ! C’est une des raisons pour lesquelles les chattes sont réputées si maternantes. Certaines d’entre elles adoptent très volontiers les chatons des autres, et nombreux sont les cas de chattes élevant ensemble leurs petits. Certaines mères chattes sont même parfois capables d’adopter et de materner des petits d’autres espèces, y compris celles qui constituent d’ordinaire des proies, comme des souris ou des lapereaux !





Le saviez-vous ?


Par quelle alchimie certaines chattes acceptent-elles de materner un chaton qui n’est pas le leur ? Cet événement survient de temps en temps, on voit même des chatons se comporter comme s’ils avaient deux mères, passant de l’une à l’autre sans marquer de différence ! La période favorable pour cette « adoption » est limitée aux heures qui suivent la mise bas (sans doute pas plus de deux jours). Le chaton à adopter porte encore l’odeur de l’enveloppe des nouveau-nés qui déclenche l’attachement maternel. Si la chatte toilette le chaton et s’imprègne de ces messages chimiques, elle peut se comporter avec lui comme avec le reste de sa propre portée. En dehors de ces conditions, l’adoption est possible mais aléatoire et son déterminisme nous échappe.


Si un danger se profile, et même parfois en l’absence de danger objectif, la mère chatte n’hésite pas à déménager sa portée pour la mettre à l’abri. Minette a ainsi déplacé tout son petit monde à plusieurs reprises. Par ailleurs, elle n’autorise à s’approcher que des personnes familières, avec lesquelles elle a développé des relations de confiance absolue. Durant la période d’allaitement, elle peut se montrer très agressive, pourchassant parfois très loin tout individu qui ne respecterait pas une distance raisonnable avec ses petits.

Cette vigilance permanente, le fait qu’elle se nourrisse « sur le pouce » (afin de ne pas laisser ses petits sans surveillance trop longtemps) et l’énergie considérable qu’elle dispense pour leur entretien et leur éducation expliquent qu’elle soit, comme toutes les mères chattes, particulièrement nerveuse et irritable durant cette période !


Un père indifférent, voire dangereux

Dans un premier temps, les pères sont résolument tenus à distance par la mère. Ils représentent en effet un danger réel pour les chatons (voir ci-dessous).

Par la suite, ils peuvent éventuellement être tolérés…





Le saviez-vous ?


Chez tous les félins, les meurtres de jeunes sont assez fréquents. Ce sont en général des mâles extérieurs au groupe qui surgissent brutalement, tuent – et parfois dévorent – les très jeunes individus, puis déguerpissent.

Ils procéderaient de cette façon pour provoquer le retour en chaleur des femelles et assurer ainsi leur propre descendance. Si les petits sont leurs rejetons, ils ne devraient donc pas le faire, mais ce n’est pas toujours vérifié…


Certains mâles castrés adoptent parfois spontanément de très jeunes chatons et développent alors un comportement de maternage semblable à celui des mères, la tétée mise à part. Les chatons, ravis de l’aubaine, pétrissent le ventre de leur nouveau père, qui bien souvent n’apprécie que modérément le geste, mais y répond en ronronnant comme le ferait une mère… Ces chats vont jusqu’à émettre le miaulement rauque des mères, commun à tous les félins. Ce signal sonore, destiné à rassurer la portée ou à inciter les petits à suivre, sert aussi à effrayer l’éventuel prédateur présent (félin ou non) : ce dernier entend la menace et la sourde détermination de la mère prête à tout pour protéger ses petits.





L’importance de la socialisation


Un chaton privé de contacts répétés et agréables avec d’autres espèces que la sienne, ou qui grandit aux côtés d’une mère un peu sauvage, conserve pour le restant de ses jours la crainte de tout ce qui n’est pas « chat ». La période de familiarisation aux autres espèces est assez courte chez le chaton, elle s’étend approximativement de la deuxième à la septième semaine d’âge. C’est ce temps qu’il faut mettre à profit pour manipuler le chaton, lui parler et le caresser, de préférence tous les jours et plusieurs fois par jour. Autant il est préférable de ne pas déranger une chatte durant les quinze jours qui suivent la mise bas, autant il est important, dès ce délai passé, de toucher les chatons, de les prendre, de leur parler et de jouer très souvent avec eux, afin qu’ils deviennent sociables et caressants.

Dès l’âge de cinq semaines, certains chatons manifestent une grande aversion pour ce qu’ils ne connaissent pas, feulant, crachant et se débattant si l’on tente de les toucher (il faut avouer que, du haut de leurs 500 grammes, ils sont souvent déjà très impressionnants !). Il est important d’insister alors (avec des contacts doux et agréables pour les chatons), afin de leur permettre de se socialiser (il est encore temps !).

Guillaume et Sophie ont ainsi intérêt à rendre de fréquentes visites à leur oncle et à passer beaucoup de temps avec les chatons s’ils veulent un chat qui apprécie et recherche les caresses. En effet, tout ce qu’il n’aura pas testé, goûté, expérimenté, vu, touché, entendu avant l’âge de sept semaines sera ensuite pour lui étrange, dangereux…

Le chaton sans contacts avec l’extérieur pourra toutefois s’habituer à un élément inconnu, mais il ne saura pas pour autant l’apprécier ou le rechercher, tout au plus le tolérera-t-il… Ainsi, s’il n’a pas côtoyé d’êtres humains, il peut devenir un animal apprivoisé, mais jamais un compagnon proche et affectueux. C’est la différence fondamentale entre l’animal apprivoisé et l’animal socialisé : le premier parvient à tolérer le contact, le second y trouve réconfort et apaisement. Si un chat n’a jamais « appris » que les contacts pouvaient être source de plaisir, il est envahi par un profond malaise dès qu’il est pris dans les bras ou caressé. Si son maître fait preuve de beaucoup de patience, le chat parviendra peut-être avec le temps à apprécier les contacts (de cet humain-là uniquement).





Le saviez-vous ?


La familiarisation des chats avec les humains est possible parce que ces animaux sont domestiqués depuis des millénaires. Chez les félins sauvages, l’absence de domestication se traduit par une incapacité à développer une vraie familiarisation avec l’espèce humaine. Tout au plus acquièrent-ils une habituation au contact avec un nombre limité de personnes.

Les chats de race bengale (race hybride) sont issus d’un croisement entre le chat léopard d’Asie (animal sauvage) et le chat domestique. Ils peuvent être apprivoisés mais ne deviennent jamais des chats domestiques, avec tous les dangers que cela représente (tolérance moindre au contact, agressivité plus importante, morsures très sévères…). Leur grande beauté ne doit pas faire oublier cette spécificité.





QUELQUES OUTILS




Notre futur héros n’était pas encore né que les discussions allaient bon train dans la famille de Guillaume et Sophie. Leurs parents étaient d’accord pour adopter un chat : cet animal ne prend pas beaucoup de place, il est propre, et son tempérament solitaire bien connu leur permettra de partir en week-end sans trop de soucis de garde…

Adopter un chat, oui, mais un adulte ou un chaton, un mâle ou une femelle ? Essayons de dégager quelques pistes de réflexion utiles pour faire un choix.

Les deux premiers mois de la vie du chaton doivent se dérouler en présence de la mère et de la portée, car il perfectionne ses mouvements et apprend les bases de la communication. L’âge minimum d’acquisition du chaton est donc de deux mois, sous peine d’avoir à remplacer la mère dans ces apprentissages.





Le lieu de vie


Guillaume et Sophie vivent en appartement. Si, d’un point de vue pratique, le choix du chat est parfaitement raisonnable, l’appartement est-il pour autant le lieu de vie le plus adapté pour cet animal ? Bien qu’il puisse passer de longues heures à dormir et semble apparemment doté d’un tempérament calme et lymphatique, le chat possède d’énormes réserves d’énergie à dépenser…

Les amoureux des chats, qui les ont observés déployer leur adresse dans la nature, grincent parfois des dents en les imaginant contraints d’arpenter un appartement jugé toujours trop petit, attendant que leurs maîtres rentrent du travail. Et pourtant… Si nous voyons des chats rendus anxieux par une vie trop monotone, nous en rencontrons aussi d’autres parfaitement épanouis, adaptés à leur vie sédentaire. Ces chats-là savent exploiter un territoire réduit, et sont capables d’y satisfaire leurs besoins d’exercice et de distraction. Ils ont aussi généralement des maîtres qui ont facilité cette adaptation (cf. chapitre 3).

Il est nécessaire de connaître la vie qu’a menée l’animal auparavant. En effet, s’il a déjà goûté aux joies des grands espaces, son adaptation risque d’être difficile (mieux vaut alors s’abstenir de le confiner en appartement !).

En résumé, la vie en appartement exige du chat ou du chaton :

• qu’il soit parfaitement socialisé ;

• qu’il possède le sens de la mesure et des autocontrôles efficaces ;

• qu’il n’ait pas été élevé auparavant dans un environnement trop stimulant.

Pour une vie dans une maison, les sorties sont autorisées, l’adaptation du chat se fait plus naturellement et plus facilement.





Chat ou chaton ?



Il ne faudrait pas qu’il grandisse…

Les enfants préfèrent généralement adopter un chaton, qu’ils trouvent mignon, joueur, rigolo, doux… Toutes ces qualités sont recherchées et appréciées. L’attachement se noue sans doute plus vite avec un chaton, car sa petite tête, ses cris aigus et sa fourrure soyeuse stimulent le désir instinctif de maternage, chez les enfants comme chez les adultes.

Adopter un chaton présente cependant quelques inconvénients. Il est difficile de présumer de son caractère futur, et sa tolérance envers de très jeunes enfants, surtout si ces derniers sont pleins de vie et très actifs, peut vite être limitée. S’il est trop souvent dérangé ou pourchassé par des enfants qui se le disputent, le chaton peut devenir malpropre, anormalement craintif, voire agressif. Par ailleurs, un chaton est moins résistant qu’un adulte, il tombe malade plus souvent et plus facilement.

Enfin, c’est bien là son défaut principal, un chaton ne le reste pas très longtemps…


Et si l’on a déjà un animal dans la maison…

Avec un chat

Il est très difficile de prévoir quelle va être la réaction de votre chat, s’il doit cohabiter avec un de ses congénères. La logique voudrait qu’un chaton soit mieux accepté qu’un chat adulte, mais ce n’est pas toujours le cas. Le chat ou la chatte résident peut l’accueillir dans l’indifférence, le materner, l’agresser, le tenir à distance ou même parfois… déménager.

Il en va de même en introduisant un chat adulte dans une maison ayant déjà un occupant, nous reverrons cela plus en détail au chapitre9. Assurez-vous au moins que le chat nouvellement adopté possède une expérience positive en matière de communication féline, c’est-à-dire qu’il a déjà partagé un territoire avec des représentants de son espèce sans conflits majeurs. Un chat adulte qui a vécu paisiblement en compagnie d’autres chats présente des aptitudes qu’un chat vivant depuis longtemps isolé de ses congénères ne possède pas.

Avec un chien

Nombreux sont les chiens qui poursuivent les chats étrangers à la maison et vivent en bonne intelligence avec « leurs » chats. Rien n’excite plus un chien que de voir un chat courir devant lui : le félin doit être capable de ne pas déclencher ce réflexe de poursuite, il ne doit donc pas détaler à l’approche du chien. S’agissant d’un chaton, cette condition est souvent remplie.

La vigilance reste cependant de rigueur.





Chat de race ou chat croisé ?


Race, couleur et longueur du poil sont affaire de goût. Les chats de race proviennent le plus souvent d’élevages (les éleveurs sont des passionnés qui sauront guider le choix du futur acheteur). Certaines races sont très exigeantes en soins et en entretien. D’autres supportent plus difficilement la vie en appartement, c’est notamment le cas des bengales.

Par ailleurs, les Orientaux sont réputés plus bavards ; les chats des forêts norvégiennes plus sportifs ; les persans et les mainecoon plus lymphatiques. Bien sûr, il est toujours possible d’adopter un chat norvégien qui reste obstinément sous la couette, un siamois muet et un persan agressif… Attention aux généralisations !





Le saviez-vous ?


Les chats blancs aux yeux bleus ont la réputation d’être sourds. Il existe en effet une association génétique entre la surdité, la robe blanche et les yeux bleus (les individus aux yeux vairons – de couleurs différentes – sont même parfois sourds du côté de l’œil bleu). Si cette association n’est pas automatique, elle doit cependant être impérativement contrôlée. Taper dans les mains au-dessus du chaton assoupi (il doit avoir plus d’un mois) permet de préciser la suspicion. Un chat sourd court de grands dangers en milieu urbain, il est donc condamné à vivre dans un espace réduit, dans lequel les risques sont limités. Seule la vie en appartement lui procure cet environnement protecteur.





Mâle ou femelle ?


Globalement, le chaton mâle est souvent plus joueur et plus agressif dans ses jeux que ses sœurs. Hormis cette différence, il n’est ni plus ni moins caressant ou affectueux. À l’âge adulte, la différence de caractère entre les sexes tend à s’estomper. Le mâle a alors tendance à agrandir son domaine de vie, soit en quittant les lieux, soit en vidant de ses occupants l’espace qui lui est octroyé. Si les chats sont stérilisés, il est très difficile de mettre en évidence des différences notables entre les deux sexes en matière de comportement.



Le sexage des chatons



Comment reconnaître le sexe des chatons ? À la naissance, les appareils urogénitaux ne sont pas si faciles à différencier : si, chez le chiot, la verge est en avant sur le ventre, chez le chat, elle est en position périnéale, presque au même endroit que la vulve de la chatte ! L’espace entre l’anus et l’orifice urinaire est toutefois plus important chez le chaton mâle (un centimètre et plus) que chez le chaton femelle (quelques millimètres), car les testicules prendront place à cet endroit. Si l’on dispose de chatons des deux sexes, cette différence est aisément observable. Dans le cas contraire, mieux vaut faire appel à son vétérinaire, qui voit très souvent des chatons « changer de sexe » lors de la première consultation !





Comment évaluer le tempérament

d’un chat à l’adoption ?



En l’observant et en le manipulant

La technique la plus efficace et la plus simple pour évaluer le tempérament d’un chat est l’observation. Comment le chat exploret-il une pièce ? Comment réagit-il à des bruits incongrus : fait-il preuve de curiosité ou prend-il la fuite ? Répond-il rapidement aux invitations au jeu ? Vient-il spontanément au contact ? Comment répond-il aux caresses ? Un chat curieux, joueur et affectueux vous comblera probablement.

Regardez attentivement les différents chatons d’une portée. Des différences de caractère apparaissent, même si rien ne permet de prédire de façon certaine la manière dont ce caractère évoluera au gré des expériences de vie ultérieures.

Il est possible de vérifier que le chaton est correctement socialisé aux humains. S’il accepte facilement d’être manipulé, tout va bien. Un chat qui a l’habitude des contacts ne se débat pas lorsqu’on le soulève et laisse souvent pendre mollement son corps et ses pattes. Si au contraire il feule à votre approche et se débat pour courir se cacher, ou s’il s’agite et se crispe lorsque vous le prenez en main, il sera sans doute long et difficile de l’apprivoiser. Il y a d’ailleurs fort à parier que ce chat gardera une méfiance instinctive envers les humains étrangers. Il sera forcément moins à l’aise s’il est appelé à vivre dans un environnement où les interactions avec les personnes sont fréquentes.


En le prenant par la nuque

Le réflexe de portage est la posture caractéristique qu’adoptent les chatons lorsqu’ils sont pris par la nuque (comme le fait leur mère avec ses dents pour les transporter). Leur tête bascule sur le côté, leurs yeux sont mi-clos, ils ont l’air un peu hébété, leurs pattes antérieures se replient et pendent mollement, leurs pattes postérieures fléchissent également, leurs genoux remontent, et enfin leur queue vient se placer contre leur ventre. Le chaton se détend et ne bouge plus, il peut même s’endormir, sa sensibilité aux contacts est fortement diminuée.



Chat habitué au portage – Chat réfractaire au portage

S’il inhibe ses mouvements lorsqu’il est suspendu, c’est qu’il est capable de contrôler ses gestes. Cette réaction simple prouve donc ses compétences dans le domaine des autocontrôles. Le chaton sera a priori capable de maîtriser ses griffes et ses dents lors de séquences de jeu ou de combat, et de stopper les coups de patte ou les morsures selon les réponses de ses partenaires.

Si un chaton adopte cette position lorsque vous le prenez par le cou, c’est qu’il a bénéficié de soins maternels. Si, en revanche, il s’agite, écarquille les yeux, miaule, écarte les doigts et les pattes, cherchant à se soustraire à la prise, vous pouvez en déduire qu’il a eu une mère absente ou incompétente (trop jeune, trop stressée par ses conditions de vie…). Les mères qui portent peu ou mal leurs chatons n’entretiennent pas cette réponse, qui ne perdure pas.

En pratique, un chaton qui ne possède pas de réflexe de portage à six ou huit semaines ne devrait pas être placé dans un foyer avec des enfants jeunes ou des personnes dont la peau est vulnérable (malades ou personnes âgées). Il sera plutôt destiné à des propriétaires déjà expérimentés dans l’éducation de jeunes chatons, qui termineront le travail que la mère n’a pas pu – ou su – mener à terme.





Le cas du chaton orphelin


L’adoption d’un chaton orphelin est le plus souvent le résultat d’un hasard, d’un coup de cœur. Généralement, les enfants sont très persuasifs, ou les amis bien intentionnés. Le chaton est trouvé au détour d’une rue ou au fond d’un sac, déposé sur une marche… À part quelques rares « spécialistes » du chaton orphelin (qui satisfont ainsi un désir conscient de maternage), les adoptants prennent la décision de garder l’animal de manière impulsive, irrationnelle.

Leurs préoccupations sont tendues vers un unique objectif : faire en sorte que ce chaton, souvent dénutri et déshydraté, survive. Il est impératif d’ajouter aux préoccupations physiques des exigences comportementales : le développement du chaton nécessite des contacts avec d’autres chats. La socialisation à sa propre espèce et l’acquisition des autocontrôles ne seront pas correctement réalisées si le chat ne vit qu’avec des humains. Le risque est que, parvenu à l’âge adulte, il ne s’entende pas avec ses congénères, communique mal et montre un tempérament hyperactif et agressif. Ce comportement sera d’autant plus intense que l’animal vit dans un environnement faiblement stimulant tel qu’un appartement.

Pour pallier ces difficultés, différentes solutions peuvent être envisagées lorsqu’on recueille un chaton orphelin :

• trouver une chatte qui allaite encore ses petits et qui acceptera le chaton, le temps nécessaire à la conclusion de son éducation (toutefois, nous avons vu que cette « adoption » était délicate) ;

• faire peaufiner l’éducation du chaton par un autre chat, à condition que ce dernier ait été lui-même élevé dans de bonnes conditions. Dans ce cas, il faudra intervenir au minimum dans leurs interactions ;

• dans le cas d’une portée de chatons orphelins, ne pas séparer la portée, mais élever les chatons ensemble : cette solution n’est pas parfaite, mais représente sûrement un « plus ». Par leurs jeux, même en dehors de l’autorité de leur mère, les chatons apprennent à exercer leurs autocontrôles et se socialisent correctement.

Par ailleurs, le chaton doit être gardé au chaud et nourri impérativement au biberon avec du lait maternisé (le lait de vache n’est pas suffisamment riche), jusqu’à l’âge de trois semaines. Il a besoin au début de téter sept à dix fois par jour, puis le rythme des repas s’espace graduellement au fur et à mesure qu’il grandit. Durant les deux semaines suivantes, le chaton peut laper le lait dans une coupelle et être initié aux aliments solides qui lui seront proposés à côté. Ce sevrage réalisé entre trois et cinq semaines ne doit pas faire oublier que l’éducation maternelle est indispensable jusqu’à l’âge de deux mois : sevrage ne signifie pas fin de l’éducation !

C’est aussi vers la quatrième semaine de vie que le chaton adopte facilement la litière mise à sa disposition, pour peu qu’elle soit aisément accessible (cf. chapitre 2).





Le saviez-vous ?


Le réflexe périnéal est le mécanisme nerveux qui permet au chaton d’éliminer selles et urine lorsque la mère chatte lèche son périnée, entre l’anus et le méat urinaire. Elle déclenche ainsi l’élimination, et en profite pour ingérer toutes les déjections de sa progéniture, assurant la propreté permanente de la zone où vivent les chatons. Ce réflexe est efficace durant trois semaines, puis disparaît quand les chatons sont capables d’aller éliminer à quelque distance de leur espace de vie.

Chez les chatons privés de soins maternels, il est obligatoire de simuler ce mécanisme en appliquant régulièrement un linge humide ou une éponge sur la zone périnéale, avec un massage doux jusqu’au déclenchement de l’élimination, sinon la rétention des matières fécales et de l’urine entraîne rapidement la mort des chatons.





IDÉES REÇUES





« Il ne faut pas trop toucher les jeunes chatons. »


S’il ne faut pas les déranger quand ils se reposent, il faut rapidement les habituer à des manipulations fermes et douces, régulières, apaisantes. Ces contacts, établis dès la gestation (en caressant le ventre de la mère), contribuent à favoriser l’intérêt du chat pour les câlins durant toute sa vie. Il est donc utile de guider les enfants pour qu’ils initient progressivement les chatons aux caresses et aux contacts.





« Prendre le chat par le cou lui fait mal. »


Non, cette prise ne provoque aucune douleur tant que le poids du chat est modéré, soit environ 1,5 kg (par la suite, il faut en plus soutenir le bas du corps avec une main). Elle est assez commode pour éviter de se faire mordre, et pour contrôler complètement le chat (s’il n’est pas trop énervé), en le plaquant au sol ou sur une table. S’il est habitué à cette prise depuis son plus jeune âge, il l’acceptera facilement. En revanche, s’il n’a jamais été tenu ainsi ou s’il tolère mal la contrainte, alors ses réactions peuvent être violentes ; ce sont ces mouvements de défense qui font parfois penser qu’il a mal.





« On peut adopter un chaton dès qu’il mange des aliments solides. »


Il ne faut pas confondre le sevrage alimentaire (passage à une alimentation solide), qui se situe entre quatre et six semaines, et la fin de l’éducation maternelle, qui ne survient qu’après deux mois.

Le législateur français, soucieux du bien-être animal, a fixé à huit semaines l’âge minimum pour la cession des chatons. Le choix de cet âge est judicieux : le chaton a alors déjà beaucoup appris de sa mère. Il est sevré, propre, relativement autonome et a acquis la plupart de ses autocontrôles.





RÉCAPITULONS

Dès les premiers jours qui suivent leur naissance, même si les chatons semblent très peu communiquer, de nombreux événements essentiels pour leur devenir se produisent. L’attachement à leur mère notamment, socle de leur développement, s’installe dès cette période.

Si le comportement maternel est en partie instinctif, la compétence maternelle fait l’objet d’un apprentissage. Une mère expérimentée est bien plus efficace pour élever sa portée.

La socialisation à l’homme exige des contacts très précoces et amicaux. Caresser la mère pendant sa gestation facilite la socialisation ultérieure des chatons.

La période de développement du chaton, qui se situe entre deux et huit semaines, est déterminante pour son comportement futur. C’est le moment où il se socialise, où il se familiarise avec le monde et où il commence l’acquisition de ses contrôles moteurs.

Élever un chaton orphelin exige de le nourrir de manière adaptée, de lui montrer où éliminer, de lui apprendre à se maîtriser et de lui organiser des contacts constants avec d’autres chats.

Un chaton de moins de trois semaines ne peut éliminer que si un contact humide est établi avec son périnée. Si sa mère est absente, il faut donc frotter délicatement cette zone à l’aide d’un tissu humide, car c’est un geste essentiel à sa survie.





CHAPITRE 2


À LA DÉCOUVERTE DU MONDE !


Deux mois ont passé et déjà que d’expériences ! Le chaton, entouré de ses sœurs (de vraies pestes), grandit sous la surveillance attentive et exigeante de sa mère. Il tète, dort, joue, court, gambade et découvre les moindres recoins de son premier lieu de vie. À chaque nouveauté, il est partagé entre une frayeur délicieuse et une curiosité sans limites. Le voilà prêt pour d’autres aventures !





Le point de vue des enfants




Guillaume et Sophie sont impatients, c’est aujourd’hui le grand jour : le chaton va enfin venir habiter chez eux ! Cela fait bientôt cinq semaines qu’ils viennent régulièrement chez leur oncle constater les progrès de leur futur compagnon.

C’est décidé, il s’appellera « Simoun » ! Le choix du nom a été l’objet de longues discussions au sein de la famille : Guillaume suggérait Salamèche ou Racaillou (en hommage à ses Pokémon favoris), Sophie, amateur de sucreries, hésitait entre Caramel et Carambar, leur père préférait Zidane et leur mère avait un faible pour Roméo… Heureusement, l’oncle avait mis tout le monde d’accord : « Autrefois, j’avais un chat extraordinaire qui s’appelait Simoun, pourquoi ne le baptiseriez-vous pas ainsi ? » Toute la famille fit la moue, puis finit par apprécier la proposition : ce serait donc Simoun II. Chacun espérait secrètement que ce nom aurait le pouvoir de rendre son possesseur aussi extraordinaire que son prédécesseur, l’illustre Simoun Ier.

Tout est prêt pour accueillir comme il se doit le nouvel arrivant. Mme Lavoisine a prêté une cage de transport pour l’occasion, et Sophie y a placé la couette de son lit de poupée : « Comme ça, ce sera plus confortable et il n’aura pas froid ! » Le sac de croquettes et les boîtes de pâtée attendent dans la cuisine, ainsi que le bac à litière.

Après un voyage éprouvant (Simoun ne cesse de miauler), Guillaume et Sophie se précipitent et tentent de prendre le chaton dans leurs bras. Malheureusement, il n’a pas l’air très câlin et semble préférer se cacher. La déception est grande…

Elle s’efface cependant au fil des jours et des semaines, car Simoun devient un incroyable compagnon de jeu. Ses cabrioles sont irrésistibles et ravissent les enfants. Leur mère partage un peu moins leur joie, car elle doit de temps en temps gronder le chaton : Simoun détruit la chaise en paille avec ses griffes, gratte la terre des pots, renverse les bibelots, déchire la facture du téléphone, mâchouille les fils électriques et grimpe aux rideaux… mais il est tellement mignon ! Il fait tout de même un peu mal en jouant avec ses griffes ; on se demande même s’il joue réellement… Sophie a décidé en tout cas de ne plus utiliser ses mains comme appâts. Guillaume, lui, feint d’être un dur :

« Moi, il ne me fait même pas mal, et s’il exagère, je le tape !

— Oui, mais quand tu le tapes, regarde, il mord encore plus fort. »

Une chose est sûre, depuis que Simoun est là, les enfants n’oublient plus de mettre leurs pantoufles… Le chaton semble avoir développé une affection particulière pour leurs orteils ! Sophie est contente, elle l’habille avec ses affaires de poupée et le promène dans la poussette. Simoun se laisse faire un certain temps, puis en a assez. Elle voit alors sa queue qui s’agite un peu et le laisse s’en aller. La seule fois qu’elle a essayé de maintenir de force le chaton dans son landau, il a miaulé et l’a mordue un peu fort, elle a retenu la leçon.

Simoun s’endort parfois dans des positions invraisemblables et les périodes de câlins sont de plus en plus longues. Sophie adore l’entendre ronronner à son oreille, lové contre son cou. Durant ces moments privilégiés, elle ose à peine respirer, de peur de le déranger, même si parfois ses petites griffes lui font un peu mal lorsqu’il pétrit.

Simoun n’a qu’un vrai défaut : il grandit vraiment trop vite !





Le point de vue de Simoun




Le chaton dort paisiblement. Il rêve qu’il est en train de jouer avec ses sœurs : de temps à autre ses sourcils se froncent et il lance vivement une patte en avant. Soudain des voix approchent, le sol vibre, Simoun ouvre un œil, puis les deux et… le sol s’éloigne subitement ! Il a pris l’habitude de se faire transporter par les enfants lorsqu’ils viennent lui rendre visite, ce qui lui occasionne parfois quelques vertiges quand il se retrouve la tête en bas. Finalement, l’expérience n’est pas si désagréable, même si, cette fois-ci, il n’avait aucune envie de quitter son lit douillet !

Il n’a pas le temps de discuter, car le voilà placé dans une boîte sombre à l’odeur bizarre ! Effrayé, il hérisse le poil et crache de toutes ses forces sur cet adversaire invisible. Peine perdue… Les murs de la boîte tanguent tandis qu’il essaie péniblement de garder son équilibre. Il miaule, tente de se dégager de cette prison, passe sa patte à travers les barreaux. Une figure familière le dévisage alors : « Sois sage, nous sommes bientôt arrivés à la maison ! » Un énorme vrombissement envahit l’espace. Le chaton, à nouveau ballotté en tous sens, pousse des miaulements de plus en plus désespérés. Régulièrement, le visage familier apparaît d’un côté de la boîte, et des doigts le caressent à travers les barreaux (il connaît leur odeur, un mélange de savon et de chewing-gum à la menthe). Le chaton s’inquiète : « Et ma maman ? »

Au bout d’une éternité, la porte de la cage s’ouvre enfin, et les doigts à l’odeur de menthe l’aident à sortir. « Où suis-je ? » Il se débat un peu, se dégage et atterrit sur un sol tout doux, plein de poils comme ceux de sa mère. Il soulève précautionneusement une patte puis l’autre et, apercevant une cachette tout à fait appropriée, court s’y glisser. Ouf ! Enfin tranquille… Le soulagement est de courte durée, car d’autres mains viennent le déloger : « Allez, ne sois pas timide, tu es dans ta nouvelle maison ici. » Le chaton n’a qu’une envie : retourner auprès des siens ! Il pousse à nouveau un miaulement, le miaulement magique qui fait d’ordinaire venir sa mère. C’est une main qui la remplace : « Pauvre petit, c’est moi ta nouvelle maman. » Il est rassuré d’entendre cette voix douce et un peu familière, mais subitement le voici écartelé : d’autres mains (qui sentent le chocolat) lui enserrent le cou. « Donne-le-moi, il est à nous deux ! » Le chaton ne comprend pas très bien ce qui se passe. Visiblement, « mains au chocolat » et « mains au chewing-gum » jouent à un jeu bizarre qui lui plaît modérément. Il se tortille, atterrit sur le tapis, fonce vers la première cachette venue et s’y blottit. Une autre voix retentit : « Les enfants, arrêtez de vous disputer, il est tout petit et vous l’affolez ! Venez goûter, il visitera la maison quand il en aura envie. »

Le jeune chaton n’a rien compris, mais il se retrouve maintenant tout seul. Il reprend ses esprits et attend… commençant déjà à s’ennuyer des siens. Prudemment, il prend contact avec l’extérieur du bout du museau, flaire le moindre centimètre de son espace, et mètre après mètre, découvre cette étrange demeure. Il commence à prendre possession des lieux, une nouvelle vie s’ouvre à lui.

Quelques semaines plus tard, Simoun s’est bien habitué à son espace de vie. Il a déjà repéré l’emplacement de toutes les choses intéressantes. Par exemple, il a essayé toutes les cachettes qui sont à sa disposition, bien pratiques pour se réfugier lorsque les enfants font trop de bruit ou lorsque les grandes personnes sortent l’aspirateur, cette espèce de monstre hurlant et puant. Il connaît aussi les endroits les plus confortables pour dormir : le lit de Sophie en fin de soirée (il se retrouve alors coincé entre le nounours et la girafe), puis la couette de Guillaume au cœur de la nuit (il ne s’y attarde pas trop, car le garçon fait des mouvements un peu brusques qui le réveillent). Le matin, quand tout le monde est parti, il aime se prélasser au soleil dans la cuisine, sur cette chaise en paille bien pratique pour faire ses griffes. La journée, il s’ennuie un peu et a appris à jouer avec la lumière, les rayons du soleil, le linge qui pend sur le séchoir, les pompons des rideaux, les franges du tapis… Il s’entraîne aussi à chasser les mouches. Elles sont malheureusement peu nombreuses et diablement rapides, mais il adore cette activité ! Le jeu le plus amusant qu’il vient de découvrir est d’attraper le rideau du salon et de grimper le plus haut possible. Cette escalade déclenche immédiatement l’excitation de tous, et personne ne peut l’attraper ! Pour redescendre, c’est un peu plus compliqué, car il ne rentre pas encore bien ses griffes et elles restent accrochées au tissu. Toutefois, il sait depuis longtemps comment demander de l’aide…

Il apprécie les membres de sa nouvelle famille, sauf le père qui l’asticote à tout bout de champ sans aucun respect des règles, avec ses gros doigts sentant le tabac. Simoun a décidé de l’éviter et fait maintenant de soigneux détours pour ne pas le trouver dans les parages. En revanche, il aime bien Voix-Douce, qui lui prépare de bons petits plats aux fumets irrésistibles. Elle ne le laisse pas toujours manger ce qu’il voudrait et l’empêche de participer à la confection des mets, mais il se rattrape en son absence, se débrouillant pour accéder au plan de travail dès qu’elle a le dos tourné. Sa préférée est tout de même Sophie, jamais imprévisible et toujours caressante. Il avoue un faible pour ses délicieux lobes d’oreilles qu’il peut téter à loisir.

16 heures : l’heure de la sieste est passée. Le chaton se toilette quelques minutes, considère un instant sa queue, guette ses mouvements et tente en vain de s’en emparer. Au bout de quelques tentatives infructueuses (sa queue est vraiment trop rapide pour lui), il abandonne le jeu et se dirige vers la cuisine. Resterait-il quelques croquettes au fond du plat ?





Le point de vue des parents




« Vivement qu’il grandisse un peu et arrête de faire toutes ces bêtises ! » soupire la maîtresse de maison. En effet, Simoun dispose d’une réserve d’énergie inépuisable, à la hauteur de sa curiosité et de son imagination. Heureusement, il est propre et a adopté la litière assez rapidement, mis à part un ou deux accidents de parcours : un pipi dans une chaussure et un autre sur une pile de draps fraîchement repassés. Dans l’ensemble, ce chat est assez gentil, mais comment lui faire cesser toutes ces sottises ?

Pourquoi le père éprouve-t-il autant de plaisir à asticoter Simoun et à mettre sa patience à l’épreuve ? Il n’en sait rien lui-même, mais trouve ce jeu vraiment très amusant. C’est sa manière de prendre contact avec cette petite boule de poils, qu’il serait – selon lui – ridicule de câliner encore plus qu’elle ne l’est déjà. Toute la famille s’en occupe bien, à quoi bon en rajouter ? Simoun n’a visiblement pas besoin de lui, d’ailleurs c’est un chat, et tout le monde sait bien que les chats sont plutôt indépendants de nature…





PRENONS DU RECUL





Séparation et découvertes


Quitter l’univers familial est un arrachement et une extraordinaire aventure pour un chaton. Simoun, âgé d’environ huit semaines, a l’âge requis pour une adoption. À deux mois, il est indépendant physiquement et a appris assez de sa mère pour mener sa nouvelle vie de manière optimale. Dans la nature, chattes et chatons se séparent plus ou moins tardivement, en fonction du contexte environnemental.





Le saviez-vous ?


Combien de temps les chatons restent-ils avec leur mère ? L’âge de séparation observé dans des conditions naturelles est très variable. Plusieurs facteurs interviennent : la quantité des ressources alimentaires, la présence de prédateurs et d’autres dangers, la saison et le climat, la taille de la portée, le retour en chaleur de la chatte, etc. Plus le contexte est hostile, plus la séparation est précoce, comme si la chatte concentrait ses apprentissages pour rendre très vite ses chatons le plus autonome possible en cas de danger. La période de maternage dure ainsi dans les cas extrêmes de six semaines à six mois. En moyenne, elle est de deux à trois mois.


Quand la chatte estime que ses petits doivent se débrouiller seuls, elle les rejette, feule et les gifle, les obligeant ainsi à garder une certaine distance : « Va voir ailleurs si j’y suis ! » Lorsque le chaton grandit, il n’est pas rare de voir la mère s’éloigner et abandonner les lieux, « l’un de nous est en trop ici… ». Frères et sœurs peuvent en revanche rester beaucoup plus proches, parfois même durant de longues années.

Dans son nouveau cadre de vie, Simoun est terrorisé par de nombreux éléments qui lui paraissent bizarres. Il est surpris par les bruits violents, les odeurs inhabituelles, les textures étonnantes. La chambre de l’oncle était bien plus calme et monotone (elle était surtout parfaitement connue), et de toute façon, en cas de surprise, sa mère était là !

Simoun est destiné à vivre en appartement, dans un environnement calme, identique à son milieu de développement, ce qui est une bonne chose. Cette similitude va faciliter son apprentissage. Il est encore jeune, capable de découvrir et d’exploiter progressivement son lieu de vie et de développer des attachements aux membres (humains) de la famille. Bien qu’il soit en partie autonome, le chat a besoin de ces liens et de cette appartenance au groupe pour s’épanouir sereinement. Tous les apprentissages que Simoun a réalisés avec sa mère vont pouvoir maintenant être mis à profit et consolidés.





Ne pas confondre socialisation et sociabilité


Définissons quelques termes. La socialisation à l’homme est le processus d’identification des humains comme espèce amie. La sociabilité est la capacité à se comporter aimablement au sein d’un groupe. Un chat doit être socialisé pour accepter les humains, et avoir développé des relations satisfaisantes avec eux pour se montrer aimable. Les enfants ont heureusement passé beaucoup de temps avec Simoun. Il a été ainsi abondamment manipulé par des adultes et des enfants, et n’a pas peur des humains : c’est un chat socialisé (caractéristique du développement). De plus, il apprécie et recherche la compagnie des humains : c’est donc un chat sociable (élément de son caractère).

Il existe différents degrés de sociabilité, en fonction à la fois du caractère du chat (certains individus sont plus timides que d’autres), et du nombre, de la fréquence et de la qualité des contacts reçus durant la période de socialisation (entre l’âge de deux et de sept semaines).





Le saviez-vous ?


Certains chats peu socialisés sont affectueux, mais supportent modérément d’être pris dans les bras ou de subir des contacts trop prolongés (ils sont désignés comme des « caressés mordeurs »). Ils recherchent la compagnie de leur maître, se frottent volontairement à lui, semblent apprécier les caresses, manifestent leur plaisir en ronronnant un court laps de temps, puis subitement, leur regard change, leurs pupilles se dilatent et le coup de griffe ou la morsure survient, suivi aussitôt d’une fuite, le chat ayant appris à se méfier des réactions de son partenaire. La majorité des propriétaires apprennent à reconnaître les signes avant-coureurs du changement d’humeur de leur chat et à interrompre leur séance de câlins avant de se faire « attaquer ».


Certaines personnes ayant lu des livres sur la socialisation considèrent que manipuler un chaton jusqu’à l’« indigestion » le conduit à accepter ultérieurement les caresses. Elles lui imposent donc de nombreuses contraintes, jusqu’à ce que l’animal se résigne. Effectivement, le chat ne réagit finalement plus au contact, mais il est douteux qu’il y prenne un réel plaisir. Manipuler fréquemment un chaton de manière agréable pour lui est beaucoup plus efficace : le contact est apprécié et recherché par l’animal, et non simplement accepté et subi.

Enfin, le chaton n’est pas un chat adulte miniature : il est jeune ! Toute activité un peu longue et pauvre en stimulation débouche rapidement sur : « Et si on passait à autre chose ? » Cela explique aussi qu’un chaton ne soit pas câlin très longtemps. Soit il a besoin de repos, surtout en cas de stress intense ou de grosse fatigue, et il préfère éviter le contact ; soit il interagit avec son partenaire, et glisse rapidement vers le jeu énergique et mouvementé. À vous d’adapter votre comportement en conséquence : variez les jeux, initiez de nombreuses mais courtes périodes de contact, anticipez l’impatience de votre chat. Dans tous les cas, n’attendez pas de lui une concentration ou un câlin prolongé, il n’en est pas encore capable.





Des jeux à éviter


Il est doux de caresser un chaton, mais il faut reconnaître qu’il est aussi très amusant de le titiller et de le voir se défendre ! Le chaton, au contact de nos doigts qui courent le long de son corps, tente vite de les attraper et commence une séquence de jeu, s’il est bien socialisé. Il mordille les doigts, comme il le ferait avec une proie, ajustant ses mouvements au volume et à la résistance relative qu’il rencontre :

• si la proie lui semble grosse, il l’enserre de ses quatre membres et la laboure avec ses pattes arrière ;

• si la proie est légère et s’agite, il lui donne un coup de dent ou de griffe leste, et ménage une pause entre chaque attaque, de manière à ajuster sa stratégie à la nouvelle réponse de la victime.

Lorsque le chaton se sent sûr de lui, ses oreilles sont pointées vers l’avant ; lorsqu’il pense avoir affaire à forte partie, ses oreilles sont rabattues vers l’arrière.

Les jeux initiés par le père de Guillaume et de Sophie sont devenus de véritables agressions aux yeux de Simoun. Ces interactions commencent comme un jeu, mais quoi qu’il fasse, Simoun ne parvient ni à prendre le dessus ni à interrompre la partie lorsqu’il le désire. Il ne peut même pas fuir, car il est systématiquement rattrapé et à nouveau taquiné. Au cours de ces échanges, le chat n’apprend qu’une seule chose : se méfier d’un partenaire qui l’agace (au mieux) ou le terrorise (au pire), et donc l’éviter ensuite autant qu’il peut.

Mieux vaut de toute façon éviter d’habituer le chat à jouer avec les mains, car lorsqu’il grandit, ses morsures et ses griffures deviennent vite difficiles à supporter.





QUELQUES OUTILS




L’arrivée d’un chaton dans une maison soulève de nombreuses questions et impose des choix d’organisation. La vie au sein d’une famille suppose la maîtrise de ses règles de fonctionnement. Il va falloir apprendre au nouveau venu certains comportements, lui faire peut-être abandonner de mauvaises habitudes, et certainement l’empêcher d’en développer de nouvelles…





Chaton en apprentissage


Un apprentissage peut être défini comme l’acquisition d’un nouveau comportement, de nouvelles compétences. Un chat est parfaitement capable d’apprendre, car il possède un grand sens de l’observation et des capacités remarquables de mémorisation et d’anticipation.

Les techniques dites « béhavioristes1 » préconisent l’usage de la récompense administrée après un acte, afin d’augmenter la probabilité de réalisation de cet acte2. Toute la difficulté de ces méthodes vient du fait que le chat, plus autonome que le chien, possède une capacité plus grande à l’« autorécompense » : il recherche activement (et trouve) des sources de plaisir, n’attendant pas qu’on les lui apporte. Cette aptitude rend les récompenses habituelles des maîtres moins indispensables, moins plaisantes, moins recherchées et par conséquent moins efficaces. Il appartient donc aux propriétaires de Simoun de trouver ce qui va constituer pour lui la plus grande des récompenses : une friandise, une partie de jeu, un type de caresse…





Le saviez-vous ?


Il est possible de faire réaliser des tours très compliqués à de nombreux chats, comme sauter dans des cerceaux, faire des cabrioles, ou plus utilement uriner assis dans les toilettes. Dans l‘immense majorité des cas, les dresseurs ou éducateurs se servent de la récompense alimentaire à haute valeur ajoutée, de la voix et du geste souple, et s’arment de patience. Ces dressages exigent beaucoup plus de temps que pour les chiens et une grande constance, car toute erreur ou sanction inappropriée provoque une régression importante.


Être propre

Est-il nécessaire d’apprendre la propreté à un chat ? La réponse est négative : le chaton est naturellement propre. Dès qu’il est capable de tenir sur ses pattes, il se dirige en flageolant à quelque distance de son « nid » et élimine sur toute surface qui lui semble appropriée. Sa plus grande récompense provient sans doute de son corps, qui lui livre alors une agréable sensation. Apprendre la propreté à un chaton revient donc simplement à lui faire accepter un lieu d’élimination approprié (en l’occurrence le bac à litière). Sur ce sujet, quelques points méritent d’être soulignés :

• le chaton peut avoir des préférences (un tapis bien épais, un canapé moelleux ou un tas de vêtements peuvent, de son point de vue, tout aussi bien faire l’affaire), mais le support doit être mou, horizontal et absorbant ;

• le chaton doit savoir où se trouve ce bac à litière : c’est à ses maîtres de le lui montrer si sa mère ne l’a pas déjà fait ;

• le chaton doit pouvoir accéder commodément à sa litière. Attention, les bacs ont souvent des rebords assez hauts, exigeant des très jeunes chatons qu’ils pratiquent l’escalade pour y entrer.

Enfin, sachez que le chaton qui arrive dans une nouvelle maison (surtout si elle est très grande) ne prend pas facilement ses repères. Tenaillé par des besoins parfois impérieux, il peut choisir un lieu d’élimination plus proche que sa litière…





Le saviez-vous ?


Il peut arriver que le chaton joue avec sa litière ou en mange quelques graviers. Ce comportement fréquent chez un individu très jeune est parfaitement normal et ne doit pas susciter de crainte particulière quant à une éventuelle « perversion » de l’animal. C’est en revanche un comportement tout à fait anormal chez l’adulte, en général lié à de sérieuses maladies.


En pratique, les maîtres avertis :

• trouveront un bac de dimensions adéquates (suffisamment grand pour que le chat puisse y entrer et s’y retourner facilement) ;

• le mettront dans un endroit d’accès facile, où le chaton ne sera pas dérangé ;

• montreront au chaton où est le bac à litière en le déposant dedans gentiment dès qu’il arrive dans la maison (évitez surtout de l’y mettre après l’avoir grondé parce qu’il s’est oublié sur le canapé, vous risquez d’associer la litière à une émotion négative, et le chaton ne voudra plus y aller) ;

• rendront ce bac attrayant en déposant au fond une goutte d’eau de Javel ;

• donneront peu d’alternatives au chaton et ne le laisseront pas se promener dès son arrivée dans un endroit trop spacieux rempli de tapis et de coussins moelleux ;

• ne le dégoûteront pas de ce bac en l’obligeant à rester dedans s’il n’en éprouve pas le désir.





Le saviez-voux ?


L’odeur de l’eau de Javel ou de tout produit ammoniaqué est proche de celle de l’urine. Le chaton sera donc spontanément attiré vers la litière pour éliminer si elle exhale une telle odeur. C’est pourquoi, si vous souhaitez nettoyer de l’urine déposée sur un canapé ou à un autre endroit inopportun, n’employez pas de dérivés ammoniaqués, ce serait un peu comme si vous mettiez une pancarte « Ici urinoirs » à destination de votre chat. Nettoyez simplement la tache à l’eau, additionnée d’un peu de vinaigre blanc.


Le reste se fait tout seul… ou presque, car des problèmes peuvent surgir :

• si le chaton a la diarrhée (il a du mal à atteindre le bac à temps) ;

• si sa mère était malpropre, nous évoquerons ce cas plus loin ;

• s’il est anxieux et établit difficilement ses repères ;

• s’il a été élevé sur des grillages et ne connaît que ce type de support ;

• s’il a vécu une mauvaise expérience dans un bac à litière ou s’il est effrayé par les bacs « couverts ».

Dans ces cas plus difficiles, d’autres stratégies doivent être mises en œuvre (cf. chapitre 7 sur la malpropreté).


Revenir quand on l’appelle

Le choix du chat puis celui de son nom sont des moments clés de la relation partagée. Rien ne tient au hasard : dès ces premiers instants, le chat joue son rôle de projection de nos émotions, de nos souvenirs, de nos aspirations… La plupart des propriétaires ont une expérience précoce impliquant un chat, qui détermine leur représentation de l’animal et de ce qu’il leur apporte. Ils sont nombreux à penser que l’apprentissage du rappel relève soit d’une ignorance totale du caractère du chat, réputé indépendant et qui n’en fait qu’à sa tête, soit d’une sorte de crime de lèse-majesté, car un chat n’est pas un chien.

En réalité, la technique du rappel, telle qu’on l’utilise avec le chien, est tout à fait applicable au chat, il suffit de le lui demander !

Voici en trois étapes comment y parvenir.

Première étape : attirer son attention

Veillez à ce que le chat soit dans un état d’esprit approprié, c’est-à-dire ni en pleine sieste, ni en train de faire ses griffes ou de jouer. Il reste en dehors de ces activités de nombreux moments où le chaton est disponible pour le rappel, notamment ces instants durant lesquels il se promène le nez en l’air, en se demandant : « Quelle nouvelle bêtise vais-je bien pouvoir faire ? » Ce sont ces instants qu’il faut mettre à profit pour appeler son chat et attirer son attention, avec un bruit incongru ou saugrenu, une invitation enthousiaste à jouer…

Deuxième étape : lui donner l’ordre

Donnez toujours l’ordre sur un ton agréable et d’une voix douce. Si le choix du nom revêt une grande importance pour les maîtres, le chat semble être plus sensible à la musicalité des mots qu’à leur contenu. C’est sans doute pourquoi l’utilisation de la boîte de croquettes est une variante intéressante : le bruit émis quand elle est secouée devient, souvent spontanément, un signal de rappel fort efficace (de plus, la récompense est promise par le même signal !).

Troisième étape : lui fournir une récompense appropriée

Comme dans tout programme d’apprentissage, la récompense sera donnée au début de manière systématique puis, lorsque l’ordre est connu, de façon aléatoire1.

Le chat possède une grande mémoire des expériences aversives, aussi les premiers rappels doivent-ils être pratiqués de manière à lui procurer un maximum de satisfaction. Vous devez bien connaître les motivations de votre animal au moment où vous commencez cet apprentissage (pour savoir comment le récompenser au mieux), et ne jamais utiliser cet ordre pour le contraindre ou le placer dans une situation embarrassante, car il apprend très vite à se méfier. Chaque erreur demandera plusieurs semaines de répétition inlassable pour être effacée !


Tolérer la contrainte

De nombreux autres apprentissages sont réalisables, certains pouvant s’avérer très pratiques.

L’apprentissage de la marche en laisse peut par exemple être envisagé. Commencez dans un environnement que le chat connaît : faites-lui porter le harnais seul pour qu’il se familiarise avec cette nouvelle sensation, puis ajoutez la laisse. La marche en laisse proprement dite se pratiquera d’abord à l’intérieur, en habituant le chat à subir de petites tractions douces, et enfin à l’extérieur, en prenant toujours garde de ne pas placer votre animal dans une situation désagréable pour lui.

Certains chats à poil long ont besoin de brossages réguliers. Ces toilettages doivent commencer dès le plus jeune âge, lors de séances brèves d’abord, puis prolongées, au fur et à mesure que le chat s’y habitue et commence à les apprécier.

Dans la même optique, les propriétaires peuvent également apprendre à leur animal à supporter le brossage des dents, ou l’administration orale de médicaments (cf. chapitre 14). Les soins futurs n’en seront que plus aisés.


Se maîtriser

Au cours des jeux pratiqués avec ses frères et sœurs sous l’œil attentif de leur mère, le chaton a appris graduellement à maîtriser ses comportements, à « freiner » si besoin sa motricité. Il sait ainsi ne pas mordre ni griffer trop violemment, maîtriser ses bonds et réagir de manière modulée.

À l’âge de huit semaines, l’apprentissage de ces autocontrôles est loin d’être terminé, mais le chaton a reçu de sa mère les bases nécessaires à la poursuite de leur perfectionnement. C’est aux maîtres qu’est ensuite dévolue la tâche de consolider ces acquis : vous devez faire jouer votre chaton avec un objet et interrompre le jeu lorsque celui-ci « dérape » (coups de griffe, mordillements douloureux, excitation débordante…). La tolérance aux excès n’est jamais de mise avec un chaton ! Il ne s’agit pas de le sanctionner, mais de le forcer à retrouver son calme (voir plus loin). Se sentant ainsi réprimé, le chaton met un terme à son activité, mémorise le mécontentement de ses éducateurs, et ne réitère pas le même comportement. Le jeu doit ensuite impérativement être repris. Si l’excitation remonte, il sera interrompu de la même manière, car c’est par la répétition que le chaton comprend jusqu’où il peut aller.

Quand le jeu est engagé, si le chaton « exagère » et semble perdre le contrôle de ses gestes, différentes stratégies sont possibles. Vous pouvez procéder comme sa mère :

• en lui assénant une petite gifle sur le museau du bout du doigt ;

• en le renversant sur le dos et en tentant de l’immobiliser ;

• en imitant le crachement ou le feulement d’un chat pour l’impressionner et l’interrompre.

Vous pouvez aussi lui imposer une pause dans le jeu, en cessant de bouger et d’interagir avec lui jusqu’à ce qu’il se calme.

Avec un chaton très jeune (avant trois mois), le jeu peut être interrompu en le prenant par le cou et en le soulevant. L’existence du réflexe de portage, qui plonge le chat dans un état de détente profonde, assure un retour rapide au calme. Attention de ne pas parler ni bouger, cela relancerait son excitation.

Si le chaton est plus âgé, cette méthode non seulement est insuffisante, mais provoque une réponse agressive du chat, stimulé par la puissance de son adversaire. Si le chat mord votre main, deux techniques sont alors possibles : devenir d’emblée franchement désagréable et chasser bruyamment le chat, ou faire semblant de perdre (tous les coups sont permis…). Dans ce dernier cas, il s’agit de vous immobiliser complètement tout en glissant votre main un peu plus au fond de sa gueule. Le chat, surpris (sa proie serait-elle sérieusement blessée… voire morte ?), entrouvre la gueule, dans l’expectative (respirer avec une main au fond du gosier n’est pas très pratique). À ce moment, retirez votre main et redirigez le chat vers un autre jeu… vous devez pour cela faire preuve d’une adresse diabolique et d’une synchronisation parfaite !





De la difficulté de punir…


Le fait de chercher lui-même ses récompenses peut entraîner le chat vers des apprentissages qui ne sont pas orientés par ses maîtres, mais développés au hasard de ses explorations. Comment lui faire abandonner de mauvaises habitudes, prises parfois en un temps record ?

La punition est destinée à faire disparaître un comportement indésirable. Elle peut s’avérer nécessaire pour protéger à la fois votre mobilier des dégradations et votre chaton des accidents domestiques. Vous chercherez en effet pêle-mêle à interdire l’accès au plan de cuisine par souci d’hygiène, à empêcher le mâchonnement des fils électriques, à imposer le respect des plantes vertes soignées amoureusement, et à sauver vos poissons rouges.





Attention toutefois, sachez que la méthode par punition ne doit être réservée qu’à la transgression de quelques rares règles jugées importantes. Si vous l’utilisez trop souvent, vous risquez de rendre votre chat méfiant à votre égard, et l’impact des actions punitives diminuera progressivement. En agissant à bon escient et avec parcimonie, vous pouvez sanctionner votre chat. Voyons de quelle manière vous y prendre.





Une sanction liée au contexte

Le chat se différencie du chien par sa capacité nettement plus grande à éviter les punitions, dites « stimuli aversifs ». La présence d’un désagrément – même minime – conduit un chat à abandonner aussitôt un acte qu’il aurait bien volontiers répété en d’autres circonstances. Le principe éducatif de la punition consiste à faire établir par le sujet un lien de causalité entre son action et le désagrément subi, puis par extension, à faire admettre l’interdit de l’action en toutes circonstances.

Si la première partie fonctionne tout à fait bien avec les chats, en revanche la seconde ne paraît pas se mettre en place : le chat limite l’interdit à un contexte précis, incluant très souvent la présence de la personne qui punit. Bon mathématicien, il va tout de suite faire l’équation :

Présence de Madame + Aliment odorant + Grimper sur la table =

Bruit désagréable effrayant

Et appliquer son corollaire :

Absence de Madame + Grimper sur la table =

Tranquillité gourmande

Alors que vous auriez souhaité qu’il retienne l’interdit de grimper sur la table quelles que soient les circonstances, le chat limite son apprentissage au contexte complet, y compris votre présence.

C’est ainsi qu’il apprend à se méfier de vos interventions et à vérifier soigneusement votre absence avant de se livrer à une activité coupable, telle que monter sur une table ou se servir dans vos provisions…





Le saviez-vous ?


Le chat, à la différence du chien, n’a pas le respect de la propriété. En a-t-il d’ailleurs seulement la notion ? Il n’a pas non plus celle d’autorité permanente, celle qui plane en l’absence du maître. Les aliments en particulier sont accessibles ou non ; s’ils le sont, c’est au premier qui s’en emparera. La prise de risque dépend alors de la motivation du chat : certains mets constituent parfois de véritables provocations !


Si c’est toujours la même personne qui sanctionne, le chat peut devenir méfiant vis-à-vis d’elle et inquiet en sa présence, même s’il ne se livre pas aux actions qui ont entraîné précédemment les punitions. Il y a bien extension de la règle, mais pas dans le sens voulu. C’est ainsi que Simoun est franchement inhibé en présence du père de famille, qui a tenté de mettre en place une méthode éducative un peu « dure » : quand le maître de maison est là, le chaton ne bouge plus et se tient à distance, adoptant un profil bas.

Toute sanction physique est formellement à éviter : ce serait une agression qui déclencherait une réponse de même niveau, et un combat pourrait s’engager, or ce n’est pas le but !


La surprise est votre alliée

En cas de comportement indésirable, vous devez à la fois surprendre et faire fuir votre chat. Agissez aussi soudainement que possible : criez et avancez très vite ou, mieux, lancez à proximité de votre animal un objet (métallique par exemple) dont la chute sera très bruyante. S’il détale, vous avez gagné la première manche ! Vous aurez sans doute à renouveler le stratagème, mais le chat est prudent : vous devrez donc être patient avant qu’il se retrouve dans des conditions identiques. C’est d’ailleurs une limite importante de la méthode : vous aurez rarement l’occasion de recommencer. De ce fait, soit votre chat a « compris » que l’action est prohibée même en votre absence, et vous avez obtenu ce que vous cherchiez ; soit il ne s’interdit cette action qu’en votre présence, et votre succès est partiel.

Une solution à ce problème consiste à infliger la punition… sans être présent ! Tout au moins sans que le chat puisse l’associer à une action quelconque de votre part (il l’attribuera alors sans équivoque à sa propre action). Le chat peut être puni par la chute – si possible bruyante – d’un objet, directement sur lui ou à proximité. Toutes les astuces sont possibles, depuis le jet (discret) d’objets à distance, dans une optique de jeu de foire sur boîtes de conserves, jusqu’au véritable « piège » qui attend le chat.

Prenons l’exemple d’un chat qui fait ses griffes n’importe où. Prévoyez un morceau de tissu ou de papier accroché à un morceau de bois, le tout fixé de manière instable : dès que le minet plantera ses griffes, le tout lui dégringolera sur la tête ! Peu de risques qu’il recommence à cet endroit-là… Vous pouvez aussi fabriquer un jeu de ficelles permettant de provoquer à distance la chute d’objets. Un seul mot d’ordre : vous ne devez pas être vu en train d’actionner le piège au moment où le chat transgresse l’interdit.

Vous avez peut-être aussi entendu parler de projections d’eau. Les petits pulvérisateurs, tels ceux utilisés pour traiter les plantes, peuvent être employés pour projeter de l’eau sur le chat en guise de menace et de punition. Cette technique le fait en général déguerpir… à l’exception de ceux qui aiment l’eau ou qui prennent ça pour un jeu ! La sensibilité de chaque chat doit donc être testée avant d’employer cette technique.





Le saviez-vous ?


N’effrayez pas trop les chats déjà craintifs. On trouve dans le commerce des pièges dissuasifs sous forme de petites bonbonnes qui, couplées à un détecteur, projettent un jet de citronnelle ou d’air comprimé au passage du chat. L’accès à des zones définies peut ainsi être interdit au chat. Certains modèles élaborés poussent la sophistication jusqu’à prévenir le chat du déclenchement possible en ajoutant au mécanisme une alarme sonore qui précède le jet. Quelques chats craintifs généralisent cette alarme à tout bruit s’y apparentant et se mettent à détaler subitement sous le canapé lorsque le téléphone sonne !





Prévenir un comportement indésirable


Il est parfois plus simple – et plus élégant – de prévenir un comportement plutôt que de chercher à l’interdire ou à le supprimer une fois qu’il est installé.

La prévention consiste à faire disparaître les récompenses potentielles qui renforcent le comportement du chat, en disposant par exemple du papier aluminium ou des grillages très fins sur la terre des plantes, ou en veillant à ce que les reliefs des repas ne traînent pas sur la table de la cuisine. L’accès aux récompenses peut être rendu difficile ou désagréable, par exemple en recouvrant le plan de travail d’une toile cirée ou de sets de table plastifiés recouverts d’adhésif double face.

Tout cela n’est efficace que si parallèlement d’autres récompenses destinées à satisfaire la soif de curiosité du chat lui sont fournies : les aliments qui lui sont destinés peuvent ainsi être disposés dans des cachettes en hauteur. Par ailleurs, n’importe quel objet peut devenir une source de jeu : un bouchon, du papier d’emballage ou de l’aluminium froissé en boule… Plus le chat est occupé et distrait, moins il utilisera sa créativité d’une manière inattendue ou inappropriée.





Résister aux exigences


Nous décrivons généralement le chat comme un modèle de patience. Quiconque a été confronté à un chat qui demande quelque chose sait à quel point il peut aussi être un modèle d’impatience ! Notre chaton est encore bien petit, mais en grandissant, il risque de formuler des exigences auxquelles vous aurez sans doute du mal à résister. Tout est question de contexte et de stratégie : le chat utilise le moyen le plus approprié pour obtenir ce qu’il veut. Si vous lui avez déjà obéi dans une situation comparable, il est capable d’attendre la même réponse une autre fois. Il ne comprend pas alors pourquoi cela ne fonctionne pas et peut se montrer insistant, voire irrité s’il n’obtient pas ce qu’il veut sans délai.

Comment réagir aux exigences d’un animal aussi déterminé ? D’abord il faut y penser avant de répondre favorablement la première fois à sa demande !

Cependant, il est facile de se faire piéger et l’exigence apparaît parfois dès la première récompense. Il ne vous reste plus alors que deux possibilités :

• jouer au concours d’obstination : ignorez la demande et attendez vaillamment l’extinction du comportement. Vous obtiendrez certainement un résultat, mais seulement après une première phase d’intensification des demandes qui risque de durer assez longtemps, car les chats sont très patients. Méfiez-vous cependant des frustrations de votre chat mauvais perdant, qui pourrait, tout à sa mauvaise humeur, se livrer à des mesures de rétorsion active (mordre sauvagement votre mollet par exemple) ;

• anticiper la demande et tenter de l’orienter vers autre chose, en proposant à votre chat une activité ou une récompense qu’il apprécie. Vous avez alors des chances qu’il oublie ses exigences initiales et en formule de nouvelles que vous voudrez bien lui accorder. Si vous avez par exemple décidé de ne plus lui offrir cette tranche de jambon dont il raffole, mais dont le vétérinaire vous a dit qu’elle était mauvaise pour sa santé, lancez à votre chat son jouet préféré au moment de vous diriger vers le frigo afin de détourner son attention.

Vous avez décidé d’enfermer votre chat pour une raison quelconque. Ne vous laissez pas surprendre ! Le chat désireux de sortir met en œuvre toutes les stratégies qu’il connaît. Il tente tout d’abord d’ouvrir la porte de différentes manières, gratte, se suspend à la poignée. Puis il cherche le moindre interstice dans lequel il pourrait se glisser. S’il échoue, il miaule avec insistance pour que vous le délivriez. Fort de la lecture du paragraphe précédent, vous résistez. Le chat finit enfin par s’installer dans la pièce, il se tait et se rend quasiment invisible. « Il se résigne », pensez-vous soulagé. Que nenni ! Il attend patiemment que la porte s’ouvre pour pouvoir d’un seul bond se faufiler par l’ouverture et glisser entre vos jambes. Restez vigilant, ne relâchez pas votre attention (votre chat ne relâche pas la sienne), et prévoyez un sas de sécurité.





IDÉES REÇUES





« Un chaton ne s’éduque pas. »


La réputation d’indépendance du chat est à l’origine de cette idée reçue. Les apprentissages sont plus difficiles que pour le chien, mais il est parfaitement possible de faire respecter des règles de vie et d’obtenir l’obéissance à des ordres simples.





« Il faut laisser le chaton mordiller, car il fait ses dents. »


Au contraire, aucune tolérance n’est possible pour les morsures. Le chaton doit dès son plus jeune âge être capable de contrôler l’intensité de sa morsure (et de ses coups de griffes). Chaque fois qu’il fait mal, le jeu doit être interrompu le temps que son excitation retombe.





« Les chats n’aiment pas être pris dans les bras. »


Nous avons vu que les contacts n’étaient pas apaisants pour tous les chats, c’est encore plus vrai pour la prise dans les bras. Pour être tolérée, cette situation de contrainte exige que le plaisir éprouvé par le chat soit intense, sinon il préfère sa liberté.





« Tous les chats sont instinctivement propres. »


L’organisation territoriale du chat le conduit effectivement à adopter un site d’élimination précis, mais l’emplacement et le support choisis ne sont pas toujours satisfaisants pour les maîtres ! À eux de proposer un site plaisant, accessible et approprié à leur chaton…





RÉCAPITULONS

Un chaton doit rester jusqu’à l’âge de deux mois avec sa mère et sa fratrie. C’est le temps nécessaire pour qu’il développe une bonne stabilité émotionnelle et effectue des apprentissages complets.

Quel que soit l’apprentissage effectué, toute situation de stress doit être évitée, car le chat mémorise de manière durable les contextes qui lui ont causé une émotion désagréable.

Les besoins du chaton en stimulations, en mouvements, en distractions sont considérables. C’est en lui assurant un cadre riche et varié qu’on lui permet de se développer et de faire moins de bêtises !

Guider le chaton en lui procurant des conditions d’utilisation de la litière favorables facilite et accélère l’acquisition de bonnes habitudes.

La punition chez le chat est difficile à réussir, ce qui conduit à y avoir recours le moins souvent possible. Le chat finit par éviter la personne qui l’inflige, tout en maintenant en son absence l’action réprimée.

Un chat peut être infiniment pressant pour obtenir quelque chose de son maître, et les habitudes sont rapidement prises. Ne jamais céder, ne serait-ce qu’une seule fois, constitue la meilleure des préventions.




________________

1. Behavior signifie « comportement » en anglais.

2. Cf. Guide pratique du comportement du chien chez le même éditeur.

1. Cf. Guide pratique du comportement du chien chez le même éditeur.





CHAPITRE 3


UNE LONGUE JOURNÉE

EN APPARTEMENT


Simoun est confortablement installé dans sa nouvelle famille. L’appartement dans lequel il vit est vaste, bien chauffé, riche en coins et recoins. Des jouets à profusion, des croquettes à volonté, des maîtres tolérants et caressants… Simoun dispose de tout ce dont peut rêver un chat. Ses journées sont régulièrement rythmées, son cadre de vie paisible. Trop paisible peut-être ?